In n’y a pas que Holloween dans la vie. Voici une manière différente, complémentaire d’aborder non pas les déguisements, mais les masques. Des masques un peu particuliers, puisqu’ils n’ont même pas de trous pour les yeux ! Des masques utiles, qui vont attirer l’attention de vos élèves, et qui vont les faire parler. Expliquer. Décrire. Utiliser un vocabulaire précis qui ne demandera qu’à s’enrichir.

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Parce qu’au-delà des masques, des arts plastiques, de la mise en scène, de la photo qui caractérisent cette activité précise, vous allez avoir un support de langage de premier ordre. Et en plus, ça va être amusant.

Avec ces « masques » (vous comprendrez la raison de l'emploi des guillemets dans un instant)…

  • Vous allez travailler le langage, le langage, le langage.
  • Vous allez travailler le vocabulaire des émotions
  • Vous allez travailler le schéma corporel
  • Vous allez travailler la prise de vue
  • Vous allez communiquer avec les parents
  • Vos élèves vont communiquer avec leurs parents
  • Et plein d’autres choses qui vont vous venir à l’esprit.

Tout a commencé par une vidéo visionnée par hasard sur Youtube (bon, d’accord, je suis abonné à la chaîne en question, j’avoue, mais ce n’est pas à proprement parler une chaîne traitant de pédagogie).

Est-ce que je vous mets la vidéo en début d’article, ou bien je commence par vous parler du concept ?

Commençons par le concept.

Mais si vous voulez commencer par la vidéo, elle est en bas de l’article.

Sacs en papier, masques, émotions, photos

Voilà, vous avez les quatre ingrédients. Passons-les en revue :

Sacs en papier

Attention : pas question d’utiliser des sacs en plastique ! Vous allez comprendre pourquoi, ce serait dangereux et en plus, inutilisable.

Non, il s’agit de ces sacs en papier qui sont de plus en plus offerts par les commerçants en remplacement des sacs plastique.

Il y en a des petits, des moyens et des grands.

Il y en a des blancs, des « naturels » (beiges) et des imprimés.

Vos élèves vous feront un plaisir de vous en ramener de chez eux.

Pour cette activité, vous allez partir à la recherche des beiges ou des blancs, mais si vous avez des imprimés, ce n’est pas grave, cela demandera juste une étape supplémentaire qui consiste à leur donner grossièrement un coup de peinture blanche (de l’acrylique murale fera l’affaire).

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Comme vous le verrez dans la vidéo un peu plus bas, si vous n’avez pas de sac, un simple morceau de carton suffit.

Et si vous n’avez pas de carton (décidément…), je vous coince quand même : utilisez une simple feuille de papier !

Qu’allez-vous faire de ces sacs (ou morceaux de cartons ou feuilles de papier) ?

Des masques

Mais pas n’importe quel type de masque.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’un masque à porter.

Il n’aura pas de trous pour les yeux.

Le but sera uniquement de se photographier en le portant (une petite mise en scène sera bienvenue).

Si vous utilisez un sac, sa taille importe peu : même s’il est beaucoup trop grand pour la tête des enfants, ce ne sera pas un inconvénient, au contraire, cela donnera des photos encore plus amusantes, avec une « grosse tête sur un petit corps ».

Mais quel type de tête allons-nous dessiner ou peindre sur ces masques ?

Les émotions

Nous allons utiliser le langage des émotions.

Et pour cela, ce sera très simple : les yeux et la bouche suffisent ! (Allez, vous pouvez aussi ajouter le nez pour le vocabulaire lié au schéma corporel, ainsi que les sourcils, très utiles pour marquer les émotions).

C’est un genre de concrétisation des « émoticônes ». Pour une fois qu’on va du virtuel vers le réel, et pas l’inverse !

Quelques références : 

Vivre et exprimer des émotions, formuler des choix

« Les enfants apprennent à mettre des mots sur leurs émotions, leurs sentiments, leurs impressions, et peu à peu, à exprimer leurs intentions et évoquer leurs réalisations comme celles des autres. L’enseignant les incite à être précis pour comparer, différencier leurs points de vue et ceux des autres, émettre des questionnements ; il les invite à expliciter leurs choix, à formuler ce à quoi ils pensent et à justifier ce qui présente à leurs yeux un intérêt. »

Programme d’enseignement de l’école maternelle – arrêté du 18-2-2015 – J.O. du 12-3-2015

« Au fil du cycle, l’enseignant développe la capacité des enfants à identifier, exprimer verbalement leurs émotions et leurs sentiments »

Bulletin officiel spécial n° 2 du 26 mars 2015

Échanger et réfléchir avec les autres

Les moments de langage à plusieurs sont nombreux à l’école maternelle : résolution de problèmes, prises de décisions collectives, compréhension d’histoires entendues, etc. Il y a alors argumentation, explication, questions, intérêt pour ce que les autres croient, pensent et savent. L’enseignant commente alors l’activité qui se déroule pour en faire ressortir l’importance et la finalité.

Programme d’enseignement de l’école maternelle – arrêté du 18-2-2015 – J.O. du 12-3-2015

Ces compétences sont développées et travaillées à partir de trois grandes questions proches des préoccupations des élèves, visant à investir progressivement l’art :
la représentation du monde
l’expression des émotions
la narration et le témoignage par les images

Le programme met en avant les éléments d’une culture morale et civique qui prend en compte quatre dimensions :
la sensibilité qui vise à l’acquisition d’une conscience morale par un travail sur l’expression, l’identification, la mise en mots et la discussion des émotions et des sentiments

Bulletin officiel spécial n°11 du 26 novembre 2015 est consacré aux programmes d’enseignement de l’école élémentaire et du collège.

 

Un exemple de séquence :

Voici quelques exemples d’activités s’enchaînant logiquement. Je vous ai épargné (et je me suis épargné) la mise en forme institutionnelle et jargonneuse, je n’ai gardé que le contenu :

1 : Les émotions

Les élèves expliquent quelles sont les différentes émotions qu’ils peuvent ressentir et les miment en rendant leur visage aussi expressif que possible :
Tristesse
Joie
Colère
Surprise
Peur
Calme
Etc…

2 : Les cartes

Des petites « cartes » sont à disposition des élèves (quart de feuilles A4).

Ils ont un simple feutre à la main.

Le rectangle de papier représente le visage, et ils vont représenter les diverses émotions vues en séance 1, simplement en dessinant les yeux, sourcils, bouche, et éventuellement un trait pour le nez.

3 : Le catalogue d’émotions

Quelles sont les cartes qui se ressemblent ?

Pourquoi ?

Quelles émotions désignent-elles ?

Faisons la liste de toutes les émotions que nous avons trouvées.

4 : Préparation des masques

Chaque élève représente une émotion de son choix, validée au préalable par le groupe et/ ou l’enseignant à partir d’une des cartes.

Pour cela, un simple pinceau et de la gouache noire (encre de chine pour les plus courageux) suffisent.

Si vous avez un gros marker, c’est encore plus simple.

N’oubliez pas qu’un sac en papier comporte deux faces, il est donc possible de représenter deux émotions différentes (ou opposées) sur le même sac ou morceau de carton.

4 : Les photos

Nous voici arrivés au moment de la prise de vue.

L’idéal, c’est d’utiliser une tablette, avec son grand écran facilitant le cadrage par les élèves. iPad ou Android, peu importe : nous avons uniquement besoin de l’appareil photo.

Cette prise de vue peut être guidée ou totalement libre.

Il m’est arrivé dans ma classe de GS de laisser une tablette en autonomie (surveillée du coin de l’oeil) à un petit groupe d’élèves, qui avaient trouvé un coin de verdure dans la cour et y avaient installé une chaise sur laquelle le modèle prenait place. Les résultats étaient absolument parfaits.

5 : L’exploitation des photos

Et hop, nous voilà repartis dans du langage.

De plus, vous pouvez trouver de nombreux prolongements :

Exploitation de ces images, par exemple sous la forme d’un livre sonore réalisé avec Book Creator ou Vidra Plus.

…Ou simplement une petite exposition des photos imprimées sur papier.

…Ou des saynètes à jouer devant les autres classes.

…Et/ou en organisant une présentation, ou une représentation, aux parents.

…Et en travaillant toujours le langage, le langage, le langage…

Voici la vidéo qui m’a donné l’idée de cette activité. Elle est en anglais mais rassurez-vous, même sans paroles vous comprendrez tout :

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« The picture, not the mask, is your final piece of art ». Traduction libre : c’est la photo, et non pas le masque, qui sera votre production.

Vous pouvez d’ailleurs montrer la vidéo à vos élèves avant d’attaquer l’activité, ils comprendront immédiatement où vous voulez en venir et ils seront motivés !


Pour aller plus loin :

N’oubliez pas la « bible » du langage en maternelle : le livre « Enseigner la langue orale en maternelle » de Philippe Boisseau (Lien Amazon)

Un document très intéressant que je viens de trouver sur Internet : « Apprentissage différencié du lexique en MS-GS – Comprendre et produire le lexique des émotions », par C.Lacheray (Circonscription de Trouville)


Voilà, j’espère que cette idée vous aura plu… N’hésitez pas à m’envoyer les photos de vos élèves : je n’aurai aucun mal à les publier ici, puisqu’il n’y aura même pas besoin de flouter leur visage !

Et bien entendu… A vos commentaires !

Merci !

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