Vous aimez écrire à la main sur du vrai papier, vous aimez les carnets, les cahiers, les calepins, les stylos ? Vous cherchez le moyen de vous organiser, de garder des traces de vos rencontres, de vos lectures, des petits ou grands événements de votre vie ? Voilà qui va vous intéresser. Dans la série « j’ai testé pour vous »…

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Le Bullet Journal

Outils ultra-branchés : un carnet et un stylo

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…Je vous présente le « Bullet Journal », déconnecté mais moderne, efficace et « hype ».

Le concept est né à New York, dans l’esprit fertile d’un créatif, directeur artistique, et spécialiste du design interactif, Ryder Carroll.

Born in New-York

Bien que connecté, totalement à l’aise dans les nouvelles technologies et évoluant dans un milieu ultra-branché, Ryder ressentait le besoin de rester en contact avec le concret, le tactile, le papier. Il avait besoin de connaître quotidiennement ce plaisir, ce luxe, ce privilège du scripteur : écrire à la main et, par la même occasion, être mieux organisé.

On pourrait penser que c’est totalement paradoxal : de nos jours, c’est bien connu, nos notes sont dans le Cloud, nos contacts dans notre téléphone et notre agenda papier est depuis longtemps passé aux oubliettes. Pour être organisé, « il faut » utiliser des outils qui ont pour nom Dropbox, Evernote, Google Calendar ou autres Omnifocus, Things ou Wunderlist (si ces noms étranges ne vous disent rien, ne vous inquiétez pas, il s’agit de bidules virtuels « amazing » qui « révolutionnent » jour après jour nos pauvres vies suspendues à un réseau Wifi.)

Eh bien Ryder, un beau jour, il a dit « stop ». Il a eu envie d’un cahier Moleskine et d’un stylo. Il a expérimenté. Et il a créé un système qui lui convient.

Outils du passé… ou du futur ?

Etant donné que ses interlocuteurs ouvraient des yeux ronds quand ils le voyaient utiliser ces outils du passé, et mouraient d’envie de posséder eux aussi un joli carnet rempli de pages écrites à la main, Rydley a mis un nom sur le concept et a créé un site web (absolument magnifique) qui explique tout. Il a mis tout ça en ligne, sans aucun esprit commercial, juste pour le plaisir du partage.

Et, croyez-moi ou non, son « Bullet Journal » (c’est comme ça qu’il l’a baptisé en référence aux petits signes qu’il utilise) connait un grand succès. Des pages Pinterest lui sont consacrées, où les aficionados partagent leurs plus belles réalisations. Des forums, des réseaux sociaux relaient son invention.

Mais comme je n’ai pas trouvé trace du concept sur le web francophone, je me suis dit qu’il pourrait être sympa de vous le présenter.

Voici une petite vidéo expliquant le principe. Elle est en anglais, mais ne vous inquietez pas, je vous dis tout dans les lignes qui suivent. Visionnez-la pour observer les images décrivant le processus.

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Rydley a-t-il réinventé la roue ? Oui. Une bien belle roue, ma foi.

Vous voulez essayer ? Prenez un simple cahier et un stylo.

Le Bullet Journal : comment ça marche ?

Voici les grands principes, avec le vocabulaire qui va avec.

« Entries »

Ce que Rider appelle « entries », ce sont les entrées successives que vous allez traiter dans votre journal.

Ne partez pas en courant, vous allez voir, c’est très simple. Voici quelques exemple parlants :

  • Vous voulez noter ce que vous devez faire aujourd’hui, ou bien garder une trace de ce que vous allez faire aujourd’hui. Votre « entrée » sera donc la date d’aujourd’hui.
  • Vous voulez garder la trace d’une lecture intéressante. Votre « entrée » sera le nom du livre ou de l’article que vous avez lu.
  • Vous voulez refaire votre salle de bains, et vous désirez créer un « projet » dans lequel vous noterez les accessoires à acheter, le type de carrelage, les idées qui vous viennent sur le sujet, etc… Votre « entrée » sera donc « Projet salle de bains ».

Toutes ces « entrées » sont placées les unes à la suite des autres dans votre cahier.

Vous voyez donc qu’à la différence d’un journal « classique », où vous écrivez la date du jour et ce qui concerne cette journée, vous pouvez traiter dans votre « Bullet Journal » des thèmes fort différents les uns des autres, qui auront néanmoins un point commun : ils seront tous consignés par écrit au même endroit.

« Bullets »

Les « bullets », ce sont ce qu’on appelle en français les « puces ». Par exemple, sur ce blog, j’utilise souvent des puces :

  • Ceci est une puce
  • Ceci est une puce
  • Ceci est une puce

Les puces du Bullet journal, vous allez les dessiner au stylo.

Il y a trois grands types de puces : les carrés, les points et les ronds. Qui correspondent à trois grandes catégories : les tâches, les notes et les événements.

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Les "bullets"

Tâches

Les tâches sont représentées par des carrés (ou « cases à cocher »).

Une tâche, c’est ce que j’ai à faire.

Une tâche décrit une action unique et précise.

Une tâche peut être composée de sous-tâches.

Lorsqu’une tâche est accomplie, je coche le carré.

Lorsqu’une tâche est composée de plusieurs sous-tâches, je ne coche la tâche que lorsque toutes les sous-tâches sont cochées.

Notes

Une note est représentée par un gros point.

Une note est simplement une remarque, la trace d’une idée, une référence à conserver.

Evénements

Un événement est représenté par un cercle.

Un événement est en quelque sorte une note qui correspond à un moment ou un jour précis.

Lorsque j’écris « Envoyé lettre à Papa Noël », cela signifie qu’aujourd’hui, j’ai envoyé cette lettre. Ce n’est donc pas une tâche (j’aurais alors écrit « Envoyer ») mais c’est une trace temporelle.

« Signifiers »

Un « signifier » (« signifiant ») donne une précision à une puce.

un « signifiant » se place à gauche de la puce (rappel : un « bullet » est une puce, et il y a trois sortes de puces:  carré, point et rond). Sa raison d’être est de retrouver rapidement l’information.

Voici trois exemples de signifiers :

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Les "signifiers"

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  • L’étoile (surlignée en bleu) représente une notion de priorité. En l’occurrence, dans la liste ci-dessus, « lire le dernier article de Tilékol » est la chose la plus importante de ma journée, celle que je dois faire à tout prix.
  • Le point d’exclamation (surligné en vert dans l’exemple) correspond à une entrée que je ne dois pas oublier, que je dois pouvoir retrouver facilement. Ryder l’appelle « inspiration ». Joli nom.
  • Le petit oeil (surligné en jaune) est appelé « explore ». Il porte bien son nom. Il correspond à une note qui va nous faire découvrir de nouveaux concepts ou simplement que nous prendrons le temps… d’explorer.

Les pages sont numérotées

Très important : toutes les pages du Bullet Journal doivent être numérotées. Pourquoi ? C’est ce que nous allons voir immédiatement.

L’index

L’index est la pièce maîtresse de votre Bullet Journal.

Il est placé en début de cahier (lui réserver plusieurs feuilles).

C’est lui qui permettra de retrouver rapidement l’information contenue dans le cahier.

Il s’agit en fait d’un hybride entre une table des matières et un index classique.

Vous le renseignez au fur et à mesure de vos « entries », cependant il n’est pas forcément linéaire.

Par exemple, si vous prenez des notes de lecture d’un livre, il est possible que ces notes soient placées à des endroits différents de Bullet journal. Vous commencez à lire, vous prenez des notes, vous laissez quelques pages pour ces notes, puis vous continuez votre journal. Plus, quelques jours plus tard, ayant épuisé toutes les pages disponibles, vous continuez votre prise de notes de lecture un peu plus loin.

Aucun problème : dans votre index, vous noterez simplement le nom du livre et toutes les pages qui y correspondent : vous retrouverez facilement toutes vos notes.

Le calendrier mensuel

A chaque début de mois, vous consacrez deux pages à créer un calendrier de ce mois.

  • Sur la page de gauche, vous inscrivez le nom du mois, puis vous indiquez les jours, l’un au-dessous de l’autre, en indiquant simplement au début de chaque ligne le N° correspondant et la première lettre du jour. Bien entendu, un cahier contenant des pages d’au moins 31 lignes est bienvenu :-)
  • Sur la page de droite, vous indiquez « tâches du mois », et vous faites votre liste de choses à faire pendant le mois. Bien entendu, vous utilisez pour chacune d’entre elles la « case à cocher carrée ».

La migration des tâches incomplètes

A mon avis, c’est là que se trouve la grande force du Bullet journal.

Parce que tous les soirs (ou tous les matins), lorsque vous allez créer l’entrée (« entry ») correspondant au nouveau jour, vous allez reporter les tâches que vous n’avez pas effectuées la veille.

Le fait de réécrire ces actions à réaliser est très important. Un processus mental s’engagera et vous serez bien plus focalisé sur la réalisation de ces tâches.

Mieux : au fil des jours, vous apprendrez à calibrer vos actions à faire, et vous vous rendrez compte que quasiment toutes les tâches prévues pour le jour en cours seront cochées lorsque viendra le soir.

Cette migration des tâches sera également effectuée chaque mois, morsque vous créerez le nouveau calendrier : vous reportez les tâches du mois précédent que vous n’avez pas accomplies.

Les collections

Les collections sont des thèmes récurrents dont vous ferez une entrée distincte et qui figureront dans l’index.

Par exemple, si vous collectionnez les recettes de cuisine, vous créerez une entrée appelée « Recettes de cuisine ». Puis vous ferez la liste de toutes les recettes que vous avez notées dans le journal.

Et dans l’index, vous créerez un thème appelé « Recettes de cuisine », qui renverra à toutes les pages contenant une recette.

Vous pouvez faire de même avec des thèmes récurrents que vous verrez apparaître en fonction de vos pôles d’intérêt.

Fin de la première partie

Voilà, j’espère que vous avez trouvé cette présentation intéressante et pas trop abstraite.

Je vous encourage à entamer un Bullet Journal : c’est en en faisant un qu’on en comprend les subtilités.

Et c’est également en pratiquant qu’on se heurte à certaines difficultés, que vous ne tarderez pas à rencontrer.

Je vous parlerai de la manière de surmonter ces difficultés dans la suite de cet article.

Et je vous expliquerai également comment concilier « papier » et « numérique », en gardant le meilleur des deux mondes, d’une manière assez surprenante.

En attendant, je vous conseille fortement de visiter le site web de Ryder. Il est vraiment de toute beauté et très bien fait. N’oubliez pas que Google Chrome vous traduit (plus ou moins bien) les pages d’un site étranger « à la volée ».

Je vous suggère également de rechercher « bullet journal » dans Pinterest. Vous allez découvrir (comme toujours avec Pinterest) des merveilles !

 

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