Les rythmes nous entourent de toutes parts, que ce soit dans le vaste univers ou à l’intérieur de notre propre corps. Prendre conscience de leur existence permet de donner le tempo à notre propre vie, alternant dépense et recharge d’énergie, de manière à gagner en efficacité sans se fatiguer outre mesure. Transformons un marathon en une série de sprints !

Un rythme, c’est une pulsation, une alternance.

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© belekekin – Fotolia.com

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Le contraire d’un rythme s’appelle linéarité.

Dans le monde qui nous entoure, les rythmes sont partout :

  • Alternance du jour et de la nuit
  • Rythme des marées
  • Rythme des vagues
  • Rythme des saisons
  • Hibernation des animaux, migrations des oiseaux, des poissons, des baleines…
  • etc…

Et au sein même de notre corps, les rythmes sont nombreux :

  • Battements du coeur, bien sûr
  • Respiration
  • Températures qui changent selon le moment de la journée
  • Niveaux d’hormones qui varient
  • Cycles du sommeil
  • Etc…

La vie, c’est le rythme, et le rythme, c’est la vie.

Pourquoi ? Parce que pour que l’énergie puisse être dépensée correctement, elle doit être régénérée, rechargée. Souvent, un temps très bref suffit, encore faut-il lui donner sa place.

Le contraire du rythme s’appelle linéarité.

La linéarité n’est pas vraiment un état naturel de la vie.
Un beau jour notre électrocardiogramme deviendra linéaire, et ce jour-là nous serons morts.

Si nous dépensons de l’énergie de manière constante sans jamais la recharger, nous passons par les phases d’économie, puis d’épuisement, puis la machine s’arrête.

Dans un récent article, je vous parlais des rituels des champions de tennis leur permettant d’effectuer des micro-recharges d’énergie entre deux services.

Le sport linéaire le plus connu est probablement le marathon.

Courir 42,195 kilomètres sans s’arrêter demande à l’organisme une grande dépense d’énergie. Donc, le marathonien s’entraine à en dépenser le moins possible. A s’économiser. A tenir coûte que coûte.

Marathonien ou sprinter ?

Les muscles sont de grands « dépensiers en énergie ». Donc, il perd du muscle. Il s’allège de l’inutile, ne gardant que la peau, les os et le minimum musculaire nécessaire pour pouvoir avancer.

Les coureurs de fond sont de grands sportifs, ils ont une volonté incroyable. Ils s’entraînent durement, ils souffrent, ils endurent.

Toutes ces souffances sont la conséquence de la linéarité.

Le sprinter, lui, est exactement l’inverse du marathonien. Il a 100 mètres à courir le plus vite possible, il a donc besoin de dépenser un maximum d’énergie en un minimum de temps.

Tout son corps est musclé, tonique. Il fonce pendant 10 secondes, puis il laisse éclater sa joie, il saute, il fait des bonds, il a tout donné, il se repose…

Voulez-vous mener votre vie comme un marathonien ou bien comme un sprinter ?

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Comparez les muscles du marathonien avec ceux du sprinter…
Auquel des deux voudriez-vous ressembler ?

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Dans notre vie de tous les jours, si nous voulons être efficaces, nous devons trouver un rythme, une alternance, et admettre que l’efficacité est à ce prix.

Si nous partons bille en tête dans un projet sans prendre le moindre repos, nous allons nous écraser lamentablement, ou bien nous essaierons de courir un marathon, nous allons nous économiser, nous fatiguer, nous épuiser, souffrir, et avoir de médiocres performances.

Si nous privilégions la quantité par rapport à la qualité, nous n’irons pas bien loin.

Il y a quelques années, j’avais lu un compte-rendu d’expérience effectuée dans une entreprise américaine, où les employés passaient leur journée à transporter des charges lourdes.

L’habitude installée consistait à effectuer des séances de travail non-stop.
Un jour, un « original » est allé voir le patron et lui a demandé de tester une nouvelle manière de travailler. Elle consistait à OBLIGER chaque travailleur à s’assoir quelques secondes entre deux chargements.

Le résultat a été bien visible à la fin de la journée : les ouvriers étaient moins fatigués ET un volume plus important de marchandise avait été transporté.

D’ailleurs, en discutant de cette expérience avec mon propre frère qui court des marathons, j’ai appris que ce fonctionnement est également recommandé par certains entraîneurs : courir, se reposer, courir, se reposer, etc… cela introduit dans la course un rythme qui n’existait pas avant…

Que conclure de tout ceci ?

  • Que l’efficacité dépend de la dépense d’énergie, et que la recharge d’énergie permet des dépenses plus intenses.
  • Que c’est l’intensité qui produit la performance.
  • Qu’il ne faut pas attendre la fatigue pour se reposer.
  • Qu’il est normal de ne pas avoir envie de faire certaines choses à certains moments.
  • Que la qualité de l’engagement à accomplir une tâche est plus importante que le temps passé.

…Et dans nos classes ?

(Je m’adresse bien entendu aux lecteurs enseignants)
Je ne suis pas là pour vous délivrer la vérité absolue. Voici simplement quelques suggestions, étayées par tout ce qui précède.

  • Créons des moments brefs et intenses où nos élèves vont être totalement engagés dans l’apprentissage. C’est durant ces moments-là qu’ils vont apprendre.
  • Alternons ces moments avec des mini-repos systématiques.
  • Ne considérons pas les récréations comme du temps inutile, ni pour les enfants, ni pour nous-mêmes.
  • Choisissons soigneusement les activités que nous allons placer en début de matinée, après les séances de sport, et même après les siestes, en maternelle. J’ai par exemple remarqué que mes « grandes sections » étaient très réceptifs à l’apprentissage de l’écriture en début d’après-midi : à ce moment-là, ils sont calmes, reposés, ils se concentrent facilement, et ils prennent du plaisir à écrire. C’est un moment fort de la journée.
  • Pratiquons l’enthousiasme sans modération.
  • Soyons pleinement conscients des moments où nous allons tous nous focaliser, enseignants et enfants. Expliquons-leur ce que nous allons faire, pendant combien de temps et pour quelle raison. Ils comprennent très bien !

L’intensité de l’engagement est la clé de la réussite.
Il est impossible d’être pleinement engagé sur une longue durée.

Et le débat sur les rythmes scolaires ?

Je vous laisse juge.

Analysez le déroulement actuel de la journée, de la semaine, de l’année scolaire. Voyez les jours où vos élèves sont le plus disponibles et les jours où ils paraissent hermétiques .

Ne pensez pas uniquement aux apprentissages scolaires, mais plus globalement à tous les petits ou grands rythmes de la vie : les temps « sociaux », indispensables, les temps familiaux, les activités diverses, le temps de sommeil, et voyez si une amélioration se dessine dans une nouvelle donne.

Tirez-en vos propres conclusions… Faites-vous votre propre opinion, n’écoutez pas ceux qui sont « pour » ou « contre » par principe… Dites-vous que dans tous les cas, VOUS pourrez agir, au moins au niveau de déroulement de votre propre journée scolaire et de ses contenus, pour imprimer VOTRE rythme.

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Trouvez votre rythme !

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Lorsqu’on avance des vérités, il faut pouvoir les prouver.
Mercredi prochain, je vous proposerai des petits « travaux pratiques ». Je vous montrerai comment mettre en oeuvre un petit rythme très simple, et vous constaterez vous-mêmes le gain en efficacité qu’il va vous procurer. Je suis serein quant au résultat !




   

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