C’est bien connu, il y a bien des manières d’enseigner. Chacun a sa manière d’envisager la place de l’élève, du maître, du groupe-classe, les neuro-sciences sont mises à contribution, les fantômes de grands disparus (Montessori, Freinet, Buisson, Piaget et toute une armée de précurseurs) sont appelés à la rescousse, de nouvelles idoles s’imposent comme « porteurs officiels de vérité incontestable » (et seront oubliées dans quelques années) …

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© goodmanphoto, fotolia
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A mon tour, je me lance dans la bataille, et j’ose ici vous indiquer quel est le grand principe qui guide ma manière d’enseigner. Avec, bien entendu, une bonne dose de prosélytisme, pour faire comme mes petits copains.

Kévin

Je vais commencer par vous raconter une petite histoire en cours actuellement dans ma classe de CP :

Appelons cet élève Kévin, bien entendu, ce n’est pas son véritable prénom.

C’est un petit garçon très sympathique, mais il a encore un pied en maternelle. Il n’est pas vraiment intéressé par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Il adore parler de tout et de rien avec chaque personne qui passe à sa portée, même lorsque ce n’est pas vraiment le moment.

Son comportement, à première vue, est celui d’un enfant qui possède un énorme poil dans la main. Le genre de ceux qui font les conversations des enseignants dans la cour de récréation, et pas toujours de manière flatteuse.

J’ai convoqué sa mère. Aë aïe aïe, il n’en menait pas large.

La rencontre s’est très bien passée. Bien entendu, Kévin était présent. Il a compris que nous lui voulions du bien. Qu’il était important qu’il prenne confiance en lui, qu’il ose vouloir apprendre, qu’il se lance, qu’il ait ENVIE.

De retour en classe, je lui ai proposé (ainsi qu’aux autres élèves) « d’allumer la petite ampoule qui se trouve dans sa tête » à chaque fois qu’il devait être attentif, à chaque fois qu’une notion nouvelle était abordée.

La petite ampoule

Pour qu’il soit focalisé, les yeux brillants, disponible, ouvert, réceptif.

…Et ça fonctionne !

Le petit Kévin est entré dans la spirale du progrès. Il lui reste deux mois pour combler son retard, mais ça y est : il est affamé !

Et dans la classe, en ce moment, c’est un peu la fête. La période d’avril, dans un CP, c’est celle où le puzzle s’assemble, où le mécanisme de la lecture et celui des opérations se met en place, engrenage après engrenage. Chacun à son niveau.

En classe, nous fêtons chaque petite victoire par des applaudissements. Nous chantons. Il y a de la joie d’apprendre. Des éclats de rire. Le sentiment d’être un groupe qui avance ensemble. Ce n’est pas toujours facile, mais le cercle vertueux est enclenché.

Et c’est finalement ça « ma » pédagogie : l’enthousiasme.

Quand je vois certaines classes studieuses mais tristounettes, où tout le monde, enseignant comme élèves, fait une figure d’enterrement, je me dis que ce n’est vraiment pas mon truc.

Je pense que toutes les formes de pédagogie ne sont pas opposées, comme certains veulent nous le faire croire, mais qu’elles sont autant de chances pour les enseignants qui ont des types d’élèves bien particuliers de trouver la manière avec laquelle où ils se sentiront le plus à l’aise, et leurs élèves aussi.

Parce qu’on enseigne mal, et on apprend mal, lorsqu’on est mal à l’aise.

Attention, bien entendu, pour apprendre il faut sortir de sa zone de confort. Il faut se frotter aux difficultés, apprivoiser les petits échecs, qui sont le chemin le plus court vers la réussite.

Et pour cela, je ne connais pas de meilleur moteur que l’enthousiasme. Il faut allumer le feu.

Un feu qu’on allume

Bien entendu, la célèbre citation est de mise :

 

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Un enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais un feu qu’on allume…
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Certains l’attribuent à Montaigne, d’autres à Rabelais. Il semblerait qu’elle provienne en réalité de Plutarque, qui disait dans son essai intitulé « comment écouter » :

 

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Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité.
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« Avidement ». C’est le mot juste.

Plutarque vivait il y a deux mille ans.

Les modes vont et viennent, mais la vérité traverse les siècles.
Allumons le feu !

En terminant ces quelques lignes, je ne peux m’empêcher de penser à cette vidéo magique, que je vous ai déjà présentée plusieurs fois, mais que voulez-vous, je ne m’en lasserai jamais :

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