Je n’avais pas du tout prévu de publier cet article. Mais ce blog étant un lieu de partages, je n’ai pas pu m’en empêcher. Pourquoi ? Parce que tout-à-l’heure, j’ai découvert un texte que je trouve extraordinaire.

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Et bien entendu, il fallait que je vous en parle ! Venez faire à votre tour une belle découverte…

Ce matin, je feuilletais distraitement un livre sur Vincent Van Gogh que j’ai acheté récemment, lorsque j’ai été attiré par une photo. Elle représente une lettre que le peintre a écrit à son frère Théo :

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Intrigué, j’ai lu ce que Vincent écrivait :

« Est-ce qu’ils ont lu le livre de Silvestre sur Eug[ène] Delacroix ainsi que l’article sur la couleur dans la grammaire des arts du dessin de Ch. Blanc [?]

Demande-leur donc cela de ma part et s’ils n’ont pas lu cela, qu’ils le lisent. »

Lorsque Van Gogh lui-même recommande un bouquin, il faut le lire.

J’ai donc cherché des informations sur ce Charles Blanc, et j’ai trouvé ceci :

« Rares sont les livres qui ont connu une postérité comparable à celle de la Grammaire des arts du dessin. D’abord publiée en fascicules, elle connaît, dès sa parution sous forme livresque, en 1867, un succès considérable. En 1872, le ministre de l’Instruction publique la fait envoyer à l’ensemble des lycées de France. »

J’ai trouvé le livre, sous forme scannée, sur le site de la Bibliothèque Nationale.

J’ai cherché le passage sur la couleur, comme le conseillait Vincent, et mes yeux se sont arrêtés sur ce passage :

« Mais les spectacles du ciel sont encore plus merveilleux, parce qu’ils composent de vastes ensembles, de sublimes décorations dont le motif varie éternellement à commencer par les blancheurs de l’aube, pour finir par le noir de la nuit. Chaque jour le soleil renouvelle l’inépuisable écrin des diamants de l’aurore et des pierreries du couchant. Chaque jour il change la mise en scène de sa disparition, soit qu’à l’horizon de l’Océan il allume des incendies que toutes les vagues de la nuit n’éteindraient point, et semble entrer pour son repos dans des palais de feu, soit qu’il se cache tristement derrière ses fantômes de nuages qu’aucune parole ne peut décrire, qu’aucun pinceau ne peut rendre, soit qu’il mette en mouvement ces sauvages concerts de couleurs, qui, aigris par quelques dissonances, ressemblent aux mouvements saccadés de la musique guerrière. »

Quel texte !

On croirait lire un tableau de Van Gogh.

Etonnez-vous qu’il y ait été sensible !

C’est magnifique.

Van Gogh a commencé à peindre en 1886, le livre est paru 19 ans plus tôt. Il a dû jouer un rôle déterminant dans son attirance irrépressible pour la peinture.

Charles Blanc écrivait (voir ci-dessus) : « Il allume des incendies (…) qu’aucun pinceau ne peut rendre ».

…Sauf celui de Vincent…

Vous comprenez pourquoi il fallait que je vous en parle !

 

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