Voici la première partie de la présentation d’un livre passionnant, parce qu’il établit un pont entre, d’une part, les résultats de la recherche scientifique concernant la psychologie cognitive et les neurosciences, et d’autre part la « vraie vie » des enseignants dans leur classe.

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Est-il utile ? OUI ! Venez, je vous le présente.

Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école !

Notez le point d’exclamation à la fin du titre : l’auteur ne pose pas une question, mais il entend bien nous donner une explication à ce phénomène…

Au fait, qui est-il, cet auteur ?

Il s’appelle Daniel Thompson Willingham, il est américain, diplômé de Harvard en psychologie cognitive. C’est aussi un professeur de psychologie. Il fait partie de ces neuroscientifiques qui décryptent le cerveau humain et nous donnent les clés pour lui permettre d’être plus efficace.

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Daniel T. Willingham (Photo Twitter)

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Il se propose de réduire le décalage qui existe entre les résultats de la recherche, et la mise en pratique de ces découvertes dans la vie réelle.

Le livre poursuit deux objectifs, clairement définis par son auteur : nous expliquer comment fonctionne le cerveau des élèves, et nous aider à utiliser cette connaissance pour être plus efficace. Un programme alléchant…

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Je vais vous présenter ce livre, mais je voudrais auparavant vous expliquer quelle est ma démarche :

D’une part,  je vais en quelque sorte intervenir dans la présentation, utiliser mes mots, faire des choix, mettre l’accent sur ce qui me paraît être le plus important.

D’autre part, il est bien évident que je ne pourrai pas tout vous expliquer en détail, il faudrait pour cela écrire un livre, ce qui est déjà le cas.

Pour faire simple : cet ouvrage est passionnant, concret, clair, utile, et je vous encourage réellement à le lire. Il apporte une aide précieuse aux enseignants.

 

L’ouvrage est articulé en neuf chapitres, chacun correspondant à un principe cognitif précis :

  • Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ?
  • Vaut-il mieux enseigner des compétences ou des connaissances factuelles ?
  • Pourquoi les élèves se souviennent-ils de tout ce qu’ils regardent à la télévision alors qu’ils oublient le cours que je leur ai fait la veille ?
  • Pourquoi est-il si difficile pour les élèves de comprendre les idées abstraites ?
  • Le « rabâchage » en vaut-il la peine ?
  • Comment amener mes élèves à penser comme de vrais scientifiques, mathématiciens ou historiens ?
  • Comment adapter mes cours aux différents types d’élèves ?
  • Comment aider les élèves les plus lents ?
  • Qu’en est-il des enseignants ?

Ce programme est apte à faire saliver tout enseignant curieux et soucieux de progresser. Mais le contenu est-il à la hauteur de ces titres alléchants ?

Il me faudra deux articles pour vous présenter l’ouvrage dans son intégralité.

Je vais consacrer ce premier article au chapitre 1, parce qu’il est réellement fondamental et qu’il expose des notions concernant la mémoire qui seront utilisées pendant tout le reste du livre.

Je publierai samedi matin la deuxième partie.

« Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école ? »

Là, ça commence très fort. En effet, figurez-vous que le cerveau n’est pas conçu pour réfléchir, mais pour nous épargner d’avoir à le faire ! Etonnez-vous après ça que les élèves se découragent lorsqu’ils se retrouvent devant des énigmes insurmontables…

Je vous ai expliqué que chaque chapitre correspondait à un principe cognitif précis. L’intitulé exact du principe guidant le premier chapitre est le suivant :

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« Par nature, les êtres humains sont curieux mais ils ne sont pas doués pour la réflexion ; à moins que certaines conditions cognitives soient réunies, ils éviteront de réfléchir ».
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Notre cerveau a une grande puissance d’analyse, nous permettant par exemple de marcher sur des rochers sans tomber, et sans même que nous y pensions, au contraire des machines.

Par contre, une petite calculette électronique nous écrase par sa puissance de calcul. Nous pouvons effectuer n’importe quelle opération, mais cela nous demandera du temps et des efforts.

De plus, ce n’est pas parce que nous réfléchissons que nous ne faisons pas d’erreurs…

Pas doués pour réfléchir !

Après tout, à partir du moment où la vision et le mouvement ne réclament aucune réflexion, et étant donné que le plus souvent, la mémoire remplace la réflexion pour nous guider dans nos actions, pourquoi se casser la tête ? D’autant plus que le cerveau s’ajuste et s’habitue aux situations qu’il rencontre !

Mais attendez… Une école est un lieu où on passe son temps à réfléchir et à apprendre à réfléchir… Etonnez-vous donc de voir certains élèves avoir envie de partir en courant, d’autant plus qu’ils n’ont certainement pas demandé à se trouver là !

Voilà pourquoi ils n’aiment pas l’école !

Le détail qui change tout

Rassurez-vous, un détail va nous sauver : nous sommes curieux.

Nous aimons faire travailler nos neurones. Eh oui.

Nous aimons déclencher la production de dopamine, l’hormone de la récompense, lorsque nous trouvons la solution par nous-même à un problème. A condition qu’il nous intéresse !

Parce que sinon, notre attention s’évapore instantanément.

Comment résoudre cette apparente contradiction ? Nous évitons de réfléchir, mais nous trouvons du plaisir à faire aboutir notre réflexion et à résoudre des problèmes !

La solution consiste à être confronté à des problème dont le niveau de difficulté est bien calculé : ni trop facile, ni trop difficile. (J’aperçois d’ici les amateurs de VRAIES progressions frétiller de joie sur leur chaise).

Mémoire de travail, mémoire à long terme

Et c’est ici qu’interviennent deux notions fondamentales : la mémoire de travail et la mémoire à long terme.

La mémoire de travail est activée lorsque nous sommes conscients de ce que nous faisons, et de la mémoire à long terme sert de lieu de stockage, de tiroir, de coffre, de hangar, dans laquelle nous entreposons nos connaissances factuelles mais aussi les procédures mentales nécessaires à l’accomplissement de certaines tâches.

Lorsque nous avons besoin de ce qui est stocké dans notre mémoire à long terme, nous prélevons les éléments qui nous intéressent, les procédures adéquates et nous les plaçons dans notre mémoire de travail.

Puis nous les combinons avec les informations que nous trouvons dans notre environnement. C’est cela, la réflexion.

Mais la mémoire de travail contient peu de place. Lorsqu’elle est pleine, nous n’arrivons plus à réfléchir.

Rassurez-vous, dans la suite du livre, nous apprendrons qu’il est possible de placer bien plus d’éléments dans la mémoire de travail, sans l’agrandir et sans la saturer. Il y a une astuce, en quelque sorte 🙂

J’insiste sur ces notions de mémoire de travail et de mémoire à long terme, parce que leur importance est déterminante, comme nous le verrons dans la suite du livre.

En fin de chapitre, l’auteur nous donne ses conseils pour que nos élèves ressentent le plaisir de réfléchir et d’apprendre. Je ne vais pas ici vous les exposer en détail, mais je vais plutôt… vous faire réfléchir !

Si vous lisez bien ce qui précède (environnement), que vous posez les éléments importants sur la table (mémoire de travail) et que vous allez chercher dans votre mémoire à long terme les outils et procédures qui vous seront utiles, vous aurez devant vous un puzzle contenant finalement très peu de pièces et qui contient la solution (ou plutôt plusieurs solutions possibles). Allez, un petit effort !

Souvenez-vous : vos élèves sont curieux, leur mémoire de travail est limitée, leur mémoire à long terme est loin d’être pleine, ils ne sont pas tous au même niveau.

On en parle dans les commentaires ?


Je vous présenterai la suite du livre dans le prochain article, samedi (je vais essayer de le publier vendredi soir).


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Pour le commander chez votre libraire :

Titre : Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école !
Auteur : Daniel T. Willingham
Editeur : La Librairie des Ecoles (2 novembre 2010)
ISBN-10: 2916788239
ISBN-13: 978-2916788234


Site web de l’auteur : http://www.danielwillingham.com 

Son compte Twitter : https://twitter.com/dtwillingham

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/DTWillingham

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