Pour l’article d’aujourd’hui, je me suis replongé dans ma carrière d’enseignant, et je me suis demandé si je pourrais partager un truc, une astuce, une manière de faire, un objet qui m’aurait été utile dans ma classe et qui pourrait vous être utile dans la vôtre, en particulier si vous débutez dans le métier.

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Je n’ai pas eu à chercher longtemps. Mon « truc d’ancien », mon objet fétiche, celui qui m’a rendu tant de services et qui a été un vecteur de progrès évident pour mes élèves, c’est une simple ardoise… Mais utilisée d’une manière bien précise.

Un IEN à forte personnalité

Au tout début de ma carrière, à Marseille, j’avais un IEN doté d’une forte personnalité qui s’appelait M. Fernand PAU.

Certains étaient terrorisés dès qu’ils le voyaient approcher. Il faut dire que lorsqu’il avait un enseignant dans le pif, il ne le lâchait pas facilement.

En ce qui me concerne, je l’aimais bien.

Il était sportif, un peu frimeur (il ne quittait jamais son blouson en cuir fauve et avait sa paire de Ray-Ban accrochée à un petit étui à sa ceinture), très cultivé, et surtout il était passionné de pédagogie. De pédagogie pratique, claire, compréhensible, efficace.

Le mercredi matin, il organisait à l’inspection des petites conférences en libre accès pour tous ceux qui voulaient progresser, en particulier les jeunes comme moi qui débarquaient dans un univers nouveau et foisonnant.

L’outil

Un beau jour, il nous a présenté un outil extraordinaire : l’ardoise. Et il nous a expliqué comment l’utiliser d’une certaine manière, appelée le procédé La Martinière.

C’est fait au départ pour le calcul mental, mais comme vous allez le voir, son champ d’application est beaucoup plus large.

Depuis ce jour, j’ai utilisé les ardoises quasiment quotidiennement dans mes différentes classes : dans mon activité de ZIL à mes débuts, puis en CM, puis en maternelle, puis en CP.

Au début, cela n’était pas facile parce que j’utilisais des ardoises classiques, avec des craies, et cela me provoquait des crises d’allergie d’anthologie : je passais deux heures tous les matins à éternuer, tousser et me moucher. L’horreur. Mais le bénéfice retiré des ardoises était supérieur aux désagréments nasaux, donc je continuais.

(Mais c’est quand même à éviter, si ce n’est pas bon pour le maître, ce n’est pas bon pour les élèves.)

Puis est venue la généralisation des ardoises blanches, qui fonctionnent avec des feutres effaçables à sec. Le bonheur, à condition de prendre certaines précautions. J’en parle plus bas.

Mais entrons dans le vif du sujet.

La Martinière

Le procédé la Martinière comporte quatre étapes :

  • L’enseignant pose une question (par exemple : combien font 2+2).
  • Les élèves ne bougent pas, ne s’expriment pas, et réfléchissent.
  • L’enseignant tape dans ses mains, tout le monde écrit le résultat, mais ne le montre pas.
  • L’enseignant tape dans ses mains, tout le monde montre son résultat en même temps.

C’est simple.

C’est ludique. Les élèves adorent.

C’est rapide, la correction prend quelques secondes, un simple coup d’oeil suffit pour vérifier les résultats.

C’est utilisable en grand ou en petit groupe.

Ca s’applique à de nombreux domaines, pas uniquement le calcul mental !

Par exemple, en maternelle, je faisais des petites dictées de lettres, de syllabes, de mots, tout le monde participait, il y avait de l’émulation et du plaisir.

Je faisais aussi des petites dictées de phrases en fin de grande section (par exemple « papa a une moto ») et là, je peux vous dire que ceux qui réussissaient n’étaient pas peu fiers. Et que les autres VOULAIENT réussir, ce qui est le meilleur moteur pour apprendre.

Mais ça allait plus loin, avec des petites productions d’écrit, et des résultats souvent étonnants.

L’an dernier, avec mon CP, pareil, ça fonctionnait quotidiennement dans la joie et la bonne humeur.

Mon organisation était la suivante : chaque élève avait son ardoise et son chiffon, mais les feutres étaient regroupés dans une boîte. Au début de chaque séance, je distribuais les feutres, et je les récupérais en fin de séance. Sinon, ils avaient tendance à disparaître spontanément.

Je demandais aussi aux enfants de bien vérifier si le capuchon du feutre faisait bien son petit « clic » quand ils le mettaient en place, pour éviter l’évaporation de l’encre.

Quelle durée pour la séance ? En CP, je partais sur 20 minutes, mais si ça débordait , pas de souci, ça voulait dire que ça fonctionnait.

Les feutres un peu gros, de type marker à pointe fine (mais effaçable à sec !) durent plus longtemps que les fins. Certains sont même rechargeables. Mais vous connaissez tous ces détails. Il faut tester avec les marques disponibles jusqu’à en trouver une qui convienne à un usage quotidien par les élèves.

Et si vous avez des tablettes numériques, c’est le top : il y a des petites applications qui offrent tous les avantages de l’ardoise, sans les inconvénients du feutre, des salissures, de la craie, etc…

A redécouvrir ?

Bien entendu, tout le monde connaît l’ardoise.

Mais là, je parle d’une utilisation systématique, quotidienne, organisée.

Peut-être aimerez-vous (re)découvrir cet outil, simple et efficace.

Et tellement sympathique à mes yeux que je me rends compte qu’il constitue l’élément principal du logo de votre blog préféré !

 

 

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