C’est une ville dont le nom sonne de manière terrible. Qui nous renvoie à une tragédie. Qui nous fait frémir lorsqu’on se dit que cette tragédie pourrait se reproduire à une échelle nettement supérieure.

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Cette ville, c’est Hiroshima. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle étonne le visiteur.

Hiroshima.

La bombe atomique.

Si on m’avait demandé il y a quelques mois comment j’imaginais Hiroshima en 2018, j’aurais été bien en peine de répondre.

Est-ce que la ville existait toujours, d’ailleurs ? Les radiations n’empêchaient-elles pas toute installation humaine pendant des siècles ? Hiroshima, dont personne ne parle jamais, ressemblait-elle à Tchernobyl, n’étais-ce qu’un champ de ruines pour encore plusieurs siècles ?

Je me serais trompé sur toute la ligne.

La ville existe toujours !

Elle est animée, joyeuse, peuplée (plus de 1 million d’habitants !), ensoleillée, s’étale au bord de la mer, dans un écrin de collines verdoyantes.

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Hiroshima est une ville moderne et dynamique

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Ses habitants sont incroyablement accueillants, souriants, paisibles.

La sensation que j’ai ressentie là-bas, c’est qu’ils sont « passés à autre chose » depuis bien longtemps. Le passé, c’est le passé, le présent est autrement plus amusant. Vive la vie !

Et pourtant…

Le 6 août 1945. La Bombe. La tempête de feu. L’horreur instantanée. 75 000 morts en une seconde. Plusieurs dizaines de milliers d’autres dans les semaines qui suivent. Le champ de cendres, les maisons en bois balayées comme des fétus de paille.

Et quand même des sujets d’étonnement pour le visiteur : pas de cratère, une ville reconstruite immédiatement après la guerre (où sont passées les radiations ?), les bâtiments en briques situés sous le point d’impact encore intacts aujourd’hui…

Voilà qui change la vision que je pouvais avoir de la puissance d’une bombe atomique… En sachant bien entendu que c’était à l’époque une « bombinette » comparé aux monstres de destruction actuels…

Une bombinette qui a fait (selon les sources) entre 70 000 et 250 000 morts au total…

Comment se rendre compte, s’imaginer, toucher du doigt la tragédie de 1945, dans cette ville bourdonnante ?

En allant visiter les endroits incontournables.

Tout d’abord, le « dôme de Genbaku », bâtiment de briques qui s’est retrouvé quasiment au point d’impact, et qui est toujours là, lourdement, très lourdement chargé de l’émotion ressentie par tous les visiteurs à la vue de ce vestige qui a vu l’explosion, qui l’a en quelque sorte vécue,  qui était au centre de l’onde de feu…

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Le dôme de Genbaku, terrible vestige qui semble porter tous les souvenirs de l’explosion qui a eu lieu juste au-dessus de lui.

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Ensuite, un peu plus loin, le « parc du mémorial de la paix », qui contient plusieurs monuments érigés en souvenir de cet événement abominable, dont un spécialement dédié aux enfants morts pendant la tragédie, victimes encore plus innocentes que les autres…

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Le parc du Mémorial de la Paix

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Enfin, en allant visiter le musée du mémorial (qui est actuellement déplacé dans un bâtiment attenant pour cause de travaux).

Un musée simple, dépouillé, qui expose les faits, sans grands artifices de mise en scène, comme cela peut être le cas au musée du 11 septembre à New-York.

Malgré tout, l’immense photo panoramique de la ville, en cendres, prise juste après l’explosion, est impressionnante. On y mesure l’étendue de la bêtise humaine et de son obstination auto-destructrice.

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Dans le musée, une partie de l’immense photo panoramique de la ville après l’explosion.

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Quelques objets tout simples, comme par exemple un tricycle d’enfant ou une montre qui s’est arrêtée à la seconde où la bombe a explosé, et qui ont échappé à la destruction mais qui portent les stigmates du drame nous rappellent que nous ne sommes pas dans une fiction, que tout cela a réellement eu lieu, il y a juste quelques années, ici même…

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Un enfant jouait, et le déluge de feu est arrivé.

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Mais je dois avouer que ce qui m’a le plus marqué à Hiroshima, ce ne sont pas les vestiges du cataclysme, ce ne sont pas les monuments, ce n’est pas le musée. Bien entendu, je me souviendrai toujours de ces images poignantes, mais…

Ce qui m’a marqué, c’est le contraste, le paradoxe de cette ville joyeuse au soleil, cette ville qui bourdonne de vie, de rires, de musique, d’animation, une ville japonaise de 2018, moderne, au bord de la mer, une ville amicale…

Ce qui m’a marqué, c’est ce minuscule restaurant de la banlieue d’Hiroshima où la visite d’étrangers était une fête, où toute la famille a défilé devant nous pour nous faire des sourires, et où nous avons mangé le plat local, l’okonomiyaki, une délicieuse galette fourrée de plein de bonnes choses, « écrasée » sur une plaque chauffante et recouverte de sauce. Un délice !

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Une pagode sur l’île de Miyajima

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Ce qui m’a marqué, c’est l’île de Miyajima, juste en face de la ville, sa nonchalance, ses temples, ses pagodes, sa tranquillité … et ses touristes !

(Il y a autre chose qui m’a marqué à vie à Hiroshima. Je vous en parle dans le prochain article.)

Hiroshima, je ne suis pas prêt de t’oublier. Tu as été de manière totalement inattendue une parenthèse de paix et de sérénité dans ce voyage trépidant.

Hiroshima, quand je prononce ton nom, je pense à tes sourires et à la leçon de vie et de résilience de tes habitants.

Le passé, c’est le passé.

 

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