Quels sont le systèmes disponibles, les principales marques existantes ? Doit-on choisir une tablette ou une liseuse dédiée ? Quels sont les formats de fichiers ? Les applications pratiques, utiles ou indispensables ? Est-ce vrai qu’on peut trouver de livres numériques gratuits ? Quels sont les libraires numériques en ligne ? Comment choisir ? Voici une tentative de réponse à ces questions.

Vous aimeriez bien franchir le pas, vous vous renseignez mais tout ça vous paraît bien compliqué ?

Des centaines de livres pèsent quelques grammes... © emf_images - Fotolia.com

Des centaines de livres pèsent quelques grammes…
© emf_images – Fotolia.com

Quelques explications basées sur une utilisation personnelle quotidienne, ça vous dit ?

Il y a une semaine, je vous expliquais mon petit parcours personnel en « lecture électronique », avec les différentes étapes de l’évolution et les appareils qui se sont succédés au fil des ans.

Pour la « deuxième partie » de cette série, je vous donnais mon avis sur les raisons qui ont poussé les fabricants de machines et vendeurs en ligne à protéger les livres qu’ils vendent et à fonctionner à l’aide de « comptes personnels », ce qui n’est finalement pas si contraignant et procure même quelques avantages, les achats étant accessibles à tout moment pour les installer ou les réinstaller sur un appareil de lecture.

Aujourd’hui, je vais essayer d’être très concret et de vous donner les éléments qui vous permettront si vous le désirez de choisir votre premier équipement en connaissance de cause.

Je précise une chose importante : je ne suis pas à moi tout seul une encyclopédie de la liseuse électronique, et il y aura certainement des manques (appareils, logiciels, sites web) dans cet article. Merci de ne pas trop m’en vouloir et de « combler les trous » par le biais des commentaires si vous le désirez.

 

Les protections (DRM)

Tout d’abord, un petit retour sur les « protections » installées sur les livres numériques. A ma connaissance, il y a grosso-modo cinq cas possibles :

  • Soit le livre n’est pas protégé et vous pouvez en disposer à votre guise, l’installer sur les appareils que vous voulez, les prêter à vos amis, etc…
  • Soit le livre est acheté chez Amazon et dans ce cas il n’est lisible que sur un « Kindle », nom générique qui regroupe deux entités : les appareils à proprement parler (Kindle Touch, Paperwhite ou Fire) et les logiciels, gratuits, que vous installez sur un appareil Android ou Apple (smartphone ou tablette).
  • Soit le livre est acheté chez Apple, et vous ne pouvez le lire que sur iPhone ou iPad, et pis c’est tout.
  • Soit le livre est protégé avec le système « ouvert » d’Adobe. Adobe est une grosse société américaine (qui a inventé Photoshop, entre autres) qui met à la disposition des vendeurs de livres et d’appareils de lecture son propre système de protection.Bon, là, c’est à la fois simple et compliqué. En gros, le livre n’est accessible qu’associé à un compte, soit Adobe, soit le compte du vendeur (Kobo, par exemple).
  • Soit le livre n’est pas protégé, mais il est « tatoué » : votre nom est inscrit sur votre exemplaire. Si celui-ci part dans la nature, on saura qui l’a semé…

Par exemple, si j’achète un livre chez Kobo, je l’installe sans souci sur une liseuse Kobo, mais je peux aussi l’installer sur une autre marque de liseuse (comme Bookeen), en passant par un ordinateur et le logiciel Adobe Digital Editions.

Les appareils

Tablette ou liseuse ?

Vous vous posez peut-être la question… Bien que proches, ces deux appareils sont fondamentalement différents.

Une tablette possède un écran en couleurs qui n’est rien d’autre qu’un petit écran d’ordinateur. Pour de loooooongues lectures, les yeux ont tendance à fatiguer.

L’écran de la liseuse a pour vocation de se rapprocher le plus possible d’une feuille de livre. Il n’est pas éclairé « de l’intérieur ». Il permet de lire longtemps sans fatigue.

Avec une tablette, on fait plein de choses, ont peut y installer des tonnes d’applications dans tous les domaines.

Une liseuse est faite uniquement pour lire (certains modèles wifi intègrent un navigateur web, mais c’est anecdotique.)

Une liseuse est moins chère à l’achat qu’une tablette.

Si vous êtes passionné(e) de lecture, si vous passez votre vie le nez dans des bouquins, n’hésitez pas, achetez une liseuse, même si vous avez déjà une tablette.

Je vous conseille vraiment de prendre un appareil de dernière génération avec l’écran qui « s’éclaire par le dessus », pour le confort de lecture en basse lumière ou pour meubler vos insomnies éventuelles …

 

Les appareils d’Apple :

iPhone, iPod ou iPad permettent de lire les livres achetés chez Apple, (grâce à l’application « iBooks ») mais aussi achetés chez Amazon, Kobo, Virgin, Fnac ou autres. Vous connaissez certainement le principe de la tablette : vous pouvez y installer des logiciels supplémentaires.

Vous pouvez donc installer sur un iPad :

  • Un logiciel Kindle vous permettant de lire les livres d’Amazon.
  • Un logiciel Kobo vous permettant de lire les livres achetés chez Kobo ou à la Fnac
  • Un logiciel vous permettant de lire un livre avec les protection Adobe, comme Bluefire Reader.
  • Un logiciel permettant de lire des livres non protégés, comme Stanza (j’aime bien les options de Stanza permettant de définir la couleur de la page et la couleur du texte).

Les appareils Android (spartphones et tablettes) :

En simplifiant les choses, c’est pareil que pour Apple. Notez qu’Android appartient à Google.

(Si comme moi vous habitez à l’île de la Réunion, passez votre chemin : Google ne vous donne pas accès à ses livres, ni à ses applications payantes d’ailleurs. Tant pis pour Google. Nous, on a le choix d’aller voir ailleurs.)

Les appareils d’Amazon :

Soit tablettes (Kindle Fire, fonctionnant sous système Android modifié), soit liseuses (Kindle Touch, Kindle Paperwhite).

(Pour les réunionnais : Amazon aussi considère que vous n’êtes pas français et ne vous donne pas accès par défaut à sa librairie en ligne, mais il existe un moyen très simple de  régler le problème, en fournissant une adresse en France métropolitaine, ce qui vous ouvrira les portes. Ce qui est impossible à faire avec Android.)

Les appareils de Kobo (qui s’est associé en France à la Fnac) :

Soit tablettes (Kobo Arc, fonctionnant sous système Android modifié), soit liseuses : Kobo Mini, Kobo Touch, Kobo Glo, Kobo Aura.

Les appareils de Cybook, marque française :

Cybook Opus, Cybook Orizon, Cybook Odyssey, Cybook Odyssey HD Frontlight.

Il y a d’autres marques de liseuses, je ne vais pas les citer ici.

Le prix de ces appareils va baisser fortement dans les années qui viennent. Je suis persuadé qu’un de ces jours, nous aurons des propositions commerciales du type « 5 livres électroniques achetés, 1 liseuse offerte ». Je me trompe peut-être !

Important : si vous avez des livres numériques sans protection, vous pouvez les installer sur n’importe quel appareil ou application ci-dessus. C’est important de le savoir.

 

Les formats de fichiers :

Un livre électronique, c’est un fichier informatique. Associé à son appareil de lecture, il permet des fantaisies sympathiques, comme changer la police de caractère d’un livre, agrandir ou réduire la taille des lettres (les presbytes apprécient), surligner des passages, « corner » des pages, mettre des signets, etc…

Oublions le format PDF, qui ne donne pas une bonne expérience de lecture sur liseuse.

Concentrons-nous sur les deux formats principaux : « ePub » et Mobi ». Il n’y a pas grand-chose à en dire : quasiment tous les appareils lisent le ePub, excepté Amazon qui fonctionne en Mobi.

Mais ce n’est pas un handicap : si vous avez par exemple un fichier ePub que vous voulez lire sur un Kindle, il vous suffit de le convertir grâce à un logiciel qui est fait pour cela, ça prend trois secondes.

Le logiciel indispensable : Calibre

A installer sur votre ordinateur. Il s’agit de « Calibre », qui possède une version pour chaque système d’exploitation, y compris Linux. Il est gratuit.

Que fait Calibre ?

  • Il regroupe tous vos livres électroniques que vous avez téléchargé un peu partout.
  • Il les envoie à votre liseuse.
  • Il les convertit (par exemple, vous avez un roman en ePub que vous voulez lire sur Kindle, Calibre vous le convertit en Mobi et l’expédie en un clin d’oeil à votre liseuse. Il convertit aussi certains PDF en ePub ou Mobi.
  • Il fait office de liseuse sur l’écran de votre ordinateur.
  • Il donne un accès direct à des dizaines de sites web proposant des livres numériques, gratuits ou payants, avec ou sans DRM.
  • Il fait encore tout un tas de choses que je ne vais pas décrire ici.

 

Le logiciel pénible : Adobe Digital Editions

Si vous avez bien suivi ce qui est inscrit ci-dessus, Adobe propose son système de protection (DRM) qui vous permettra de lire les ouvrages protégés par lui sur un large éventail de liseuses et applications.

Adobe Digital éditions, c’est le passage obligatoire qui vous permet de vous identifier et de déverrouiller vos livres pour les lire sur le dispositif approprié et agréé par Adobe (Bookeen, par exemple). Il fonctionne grâce à un compte que vous ouvrez… chez Adobe.

 

Hum, bon, d’accord, ça m’intéresse, mais je ne sais pas quel appareil choisir.
Un conseil, Michel !

Là, j’ai un peu de mal… Tous les systèmes fonctionnent, toutes les liseuses permettent de lire… Je vais vous expliquer ce que j’utilise personnellement et vous expliquer pourquoi, mais vous n’êtes pas obligés de faire comme moi…

Une tablette pour lire (entre autres utilisations)

Apple iPad mini : c’est le calepin universel, la liseuse universelle, le compagnon léger et fin. Très agréable pour lire, justement en raison de cette légèreté et de cette finesse. L’écran n’est pas « rétina », mais cela n’engendre aucun inconfort de lecture.

Sur mon iPad mini, j’ai les logiciels de lecture suivants :

-iBooks, me permettant de lire les livres achetés chez Apple. Le couple iPad-iBooks permet aussi de faire une chose étonnante, pas toujours possible avec les autres applications de lecture : en cochant une certaine petite case, votre iPad va vous lire à haute voix le texte que vous avez sélectionné. C’est étonnant, la lecture est plutôt bien faite et vous pouvez même régler le débit de parole.

-Kindle, pour lire les livres d’Amazon.

-Kobo, pour lire les livres de Kobo-Fnac.

-Bluefire Reader, pour lire les livres protégés par DRM Adobe.

-Stanza, (que j’utilise de moins en moins) pour lire les livres non protégés. J’ai tendance à lui préférer l’application Kindle.

Les trois raisons principales qui m’ont fait choisir iPad mini :

-Le système d’exploitation qui est somptueux et « zen » à la fois.
-La multitude d’applications de grande qualité disponibles.
-Le poids plume et la finesse.

Une liseuse pour lire (exclusivement) :

Kindle Paperwhite : c’est la liseuse en noir-et-blanc d’Amazon qui permet de lire la nuit avec un écran éclairé par le dessus.

La lecture y est très confortable et n’abîme pas les yeux.

D’autres marques proposent des appareils équivalents : Kobo Glo, Kobo Aura HD, Cybook Odyssey Frontlight, Nook Glowlight de Barnes & Nobles, etc…

Les trois raisons principales qui m’ont fait choisir Kindle Paperwhite :

-La profusion de titres disponibles à un seul endroit, y compris une très grande quantité de gratuits.
-La qualité exemplaire du service après-vente et de la communication en cas de problème. Il faut l’avoir vécu pour le croire.
-La facilité d’achat : un clic et c’est dans la liseuse. 

 

Ceci dit, je n’ai pas vocation à être votre Pygmalion et je vous encourage à fouiner, à vous faire votre propre opinion, à faire le contraire de ce que je fais si ça vous plaît ! Mais en connaissance de cause.

Quelques sites où on peut se procurer des livres numériques :

  • Project Gutenberg : des centaines de titres entièrement gratuits, parce que tombés dans le domaine public. Exemples : Balzac, Zola, Proust, etc…
  • Gallica : Le site de la Bibliothèque Nationale de France. Des centaines de milliers de titres, beaucoup en mode « image » (donc pas ePub ni Mobi) peu adaptés à une liseuse, plus à un écran d’ordi ou de tablette. Réservé aux passionnés.
  • Immateriel : versions multiples (Mobi, rPub, PDF), avec ou sans DRM Adobe.
  • Zebook (DRM Adobe et aussi « tatouage », lire ici, c’est intéressant)
  • Cultura  (DRM Adobe)
  • Dialogues et réseau LesLibraires  (DRM Adobe)
  • Gibert Lejeune  (DRM Adobe)
  • Virgin  (DRM Adobe)
  • Darty  (DRM Adobe)
  • Boulanger  (DRM Adobe)
  • Bouquineo  (Pas de DRM)
  • Furet du Nord :  Polars, science-fiction, mais aussi BD, en mode « streaming », c’est-à-dire à lire en ligne.
  • Bookeen (DRM Adobe)
  • Kobo  (Kobo direct ou DRM Adobe)
  • Fnac  (Kobo direct ou DRM Adobe)
  • Barnes and Noble : Livres en anglais, quelques titres en français. ( Nook direct ou DRM Adobe)
  • Feedbooks  (DRM Adobe)
  • Eyrolles :  Livres techniques (DRM Adobe)
  • Numilog  (DRM Adobe)
  • La librairie Apple n’est disponible que via iPad ou iPhone. (DRM Apple)
  • Amazon (DRM Amazon)

Notez que dans nombre de libraires ci-dessus, vous pourrez également trouver des livres sans DRM et des livres gratuits.

Par exemple, sur Amazon, il y en a plus de 40 000 ! Gratuits !

J’adore chiner dans ces pages, parce que les livres tombés dans le domaine public contiennent des trésors, comme par exemple Les essais de Montaigneen version « Français moderne », les Fables de La Fontaine, tous les classiques et bien d’autres…

J’ai par exemple récemment retrouvé deux titres que j’avais lus dans mon enfance et que je désesperais de relire depuis des années : « Le conscrit de 1813″ de Erkmann et Chatrian, et « Les Exilés dans la forêt » de Mayne Reid. Le fait de pouvoir les lire de nouveau, gratuitement, sur une liseuse, en 2013, m’a provoqué une émotion du style « madeleine de Proust du XXIème siècle » !

Voilà… Cet article est bien long, il contient pas mal d’impasses et de lacunes (par exemple Google Books), mais je pense qu’il vous aidera à y voir plus clair.
C’est l’article que j’aurais aimé lire si je m’étais trouvé dans la situation du néophyte…

 

Un dernier mot : je n’ai pas parlé ici des recettes, astuces, adresses, logiciels pour tricher, pirater, pomper, déverrouiller les livres. Je ne vous en parlerai jamais sur Tilékol.

On peut avoir une excellente expérience de lecture en passant par les voies officielles, on peut lire pendant le restant de sa vie sans débourser un centime et légalement, et on peut aussi – c’est ce que je fais moi-même – acheter quelques titres, en lire d’autres gratuits, ce qui donne un prix moyen extrêmement raisonnable.

Les auteurs doivent vivre, parce que sans eux, la vie serait tellement triste.

Et nous devons les respecter, respecter leur travail, et donc acheter leurs bouquins, qui nous nourrissent autant que des bons repas et nous réchauffent mieux que le dernier manteau à la mode, que nous payons pourtant sans rechigner.

Ne confondons pas « virtuel » et « inexistant »…

 


Ceci fait partie d’une série de trois articles consacrés aux liseuses :

Première partie :

http://www.tilekol.org/la-quete-de-la-liseuse-ideale

Deuxième partie :

http://www.tilekol.org/les-liseuses-les-malins-les-mechants-et-les-heureux

Troisième partie :

http://www.tilekol.org/petit-guide-pratique-de-la-liseuse-en-2013

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