Les appareils électroniques (liseuses, tablettes) ont tendance à vouloir remplacer de manière de plus en plus pressante les bons vieux livres en papier. Voici un petit guide personnel et subjectif des « liseuses », avec leurs avantages et leurs inconvénients, sous la forme de la petite histoire, étape par étape, d’un passionné de lecture qui a franchi le pas depuis un bon moment, et qui ne le regrette pas.

« Un livre est quelqu’un. Ne vous y fiez pas. Un livre est un engrenage. »
Victor Hugo

Un bon livre, un bon lecteur, une bonne liseuse ! © frostbyte - Fotolia.com

Un bon livre, un bon lecteur, une bonne liseuse !
© frostbyte – Fotolia.com

« La vertu paradoxale de la lecture est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens »
Daniel Pennac

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Aimez-vous lire ? Je parle de la lecture d’un bon bouquin, ce plaisir infini qui consiste à s’immerger, à se noyer avec délectation dans les pages et les mots écrits par un inconnu si proche avec lequel nous partageons pour quelques heures l’intimité de la pensée.

Depuis peu, la lecture se veut moderne, électronique et « révolutionnaire ». Un écran remplace la feuille de papier, une puce électronique remplace la bibliothèque…

Au commencement était la musique

Je me souviens parfaitement de la soirée du 9 janvier 2001. J’était devant mon ordinateur. Bien que faiblarde, ma connexion Internet était suffisante pour me permettre de vivre en direct un événement qui était à mes yeux presque aussi important que le premier pas de l’homme sur la Lune.

Steve Jobs était sur la scène du Moscone Center de San Francisco, et il présentait le premier iPod. Un petit appareil blanc – je l’ai toujours et il fonctionne encore – qui permettait de transporter toute sa musique dans sa poche, et de l’écouter à la demande, un bond en avant incroyable comparé au vieux Walkman à cassettes qui était la norme, « avant ».

Pour moi qui adore la musique, et qui étais un peu – beaucoup – frustré à l’île de la Réunion, loin des grands disquaires, l’avènement de l’iPod suivi du « Music Store » en ligne d’iTunes m’a permis de me reconnecter avec cette passion et d’avoir toujours un bon morceau à portée d’oreille.

…Vivre en direct la révolution de la musique dématérialisée (et légale) était une expérience passionnante, et j’étais fermement décidé à connaître la suite de l’aventure, c’est-à-dire la dématérialisation du livre.

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Le premier iPod, posé sur le dernier iPad (mini)

Le premier iPod, posé sur le dernier iPad (mini)

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J’en ai rêvé, Sony m’a déçu

La révolution tant attendu commença plutôt mal. Sony annonça en grande pompe l’arrivée sur le marché français d’une des premières liseuses à avoir connu un certain succès, la PRS-505, je pense que c’était en 2008 ou 2009.

Aussitôt sortie, aussitôt commandée, aussitôt reçue, je fus aussitôt déçu. L’appareil était très beau, bien fini, avec une couverture en simili-cuir et un écran plus que correct. Le problème venait de son « moteur », de son processeur, qui était amorphe, anémique, d’une lenteur épuisante lorsqu’il ne « plantait » pas carrément entre deux pages.

Dépité, je me suis mis à attendre qu’Apple entre dans la danse, avec les rumeurs du lancement d’une « ardoise numérique », qui allait finalement s’appeler iPad et qui allait être présentée au public le 27 janvier 2010, par le même Steve Jobs, visionnaire et magicien, toujours à San Francisco.

Là encore, sitôt lancée en France et sitôt commandée, cette tablette mythique n’a pas tardé à se retrouver entre mes mains fébriles. Le résultat dépassait l’imagination. C’était fantastique. Bien entendu, je me suis dépêché de l’utiliser comme appareil de lecture.

La problématique de la lecture nocturne

J’ai aimé, et je me suis assez rapidement rendu compte des deux défauts de ce type de lecture.

Tout d’abord, il faut le reconnaître, un écran éclairé « de l’intérieur » n’est pas ce qu’il y a de plus confortable lorsqu’il s’agit de passer des heures le regard rivé dessus.

Néanmoins, il permet de lire au lit, sans déranger personne, et en tournant les pages sans bruit. Mais dans le noir complet, même réglé au minimum, l’écran reste à mes yeux (c’est le cas de le dire) trop lumineux. Il est assez éblouissant.

Le deuxième défaut n’est pas technique, mais n’en est pas moins important. D’après mon expérience, lire de cette manière est particulièrement adapté aux romans, qu’on commence à la première page et qu’on finit à la dernière, mais moins pratique pour les autres types de livres.

Les gros livres informatifs, techniques, les ouvrages de référence ne se lisent pas de la même manière qu’un roman : on a besoin de revenir en arrière, de feuilleter, de sauter des passages, et il faut bien avouer qu’on n’a rien inventé de mieux qu’un livre en vrai papier pour cet usage.

A la différence près – importante – qu’on peut faire facilement une recherche à partir d’un simple mot sur un livre électronique (ou un dossier en PDF), ce qui n’est bien entendu pas possible pour un livre traditionnel.

Je pense qu’au fil des perfectionnements logiciels, ce défaut finira par s’estomper.

Revenons à l’iPad et à son écran lumineux. Je n’avais pas encore la « bonne expérience de lecture » que j’appelais de mes voeux.

Liseuse

D’autres fabricants proposaient des « liseuses », en noir-et-blanc, qui n’étaient pas éclairées et qui permettaient de lire facilement, même en plein soleil, sur la plage, par exemple.

C’est la « Kobo Touch » qui a alors fait l’objet de ma curiosité. Objet fort sympathique, bon marché, avec une « encre électronique » très lisible, et avec laquelle j’ai englouti un certain nombre de bons bouquins, notamment les grands classiques qu’on trouve gratuitement – et légalement – sur le site du Projet Gutenberg.

…Mais ce n’était pas encore parfait. Il manquait la lecture nocturne, la plus agréable, celle qui consiste à passer des heures allongé dans son lit, dans l’obscurité complice d’une chambre, et si possible sans déranger la personne qui se trouve à quelques centimètres et qui aimerait bien dormir, et qui rouspète après cette fichue lampe de chevet qui, bien que réglée au minimum grâce à un petit variateur de courant reste encore trop présente.

Il y avait bien cette petite loupiote qu’on fixait sur l’appareil, mais qui était trop puissante et qui éclairait en même temps les quatre murs et le plafond…

Au bout de la quête

Comme un chevalier de la Table Ronde en quête du Saint-Graal, j’ai continué mes recherches et mes expériences.

Et j’ai trouvé, et je suis comblé.

Mon choix s’est porté sur la dernière liseuse d’Amazon, la « Kindle Paperwhite« *.

La zone de lecture est éclairée « par-dessus », grâce à une plaque transparente qui diffuse de manière guidée une lumière émise par des diodes qui sont à l’intérieur de l’appareil. On n’a absolument pas la sensation de l’écran d’un ordinateur ou d’une tablette, le dispositif est invisible, et le confort est là.

De nuit comme de jour d’ailleurs : la nuit, c’est le confort total, avec une source lumineuse qui peut être réduite fortement, qui n’éblouit pas, et qui offre le luxe qui consiste à pouvoir tenir l’appareil ET tourner les pages d’une seule main. De plus, le système d’éclairage reste confiné à l’écran et la lumière ne s’éparpille pas dans la pièce.

Et le jour, cette illumination peut être également utilisée pour rendre la page très blanche et très agréable à lire. Bien sûr, tout n’est pas parfait, il y aura encore des progrès techniques qui me referont mettre la main au porte-monnaie, mais soyons positifs, techniquement, le concept est désormais parfaitement utilisable.

Je suis arrivé au bout de ma quête, et je suis particulièrement heureux d’avoir pu vivre de l’intérieur deux révolutions : celle de la musique, et de la lecture « dématérialisées ».

Bien entendu, j’ai encore quelques tonnes de bons vieux bouquins, qui ne tombent pas en panne et qui n’ont pas besoin de batteries pour fonctionner. Un grand beau livre est irremplaçable. Et les petits gadgets électroniques les complètent à merveille ! Idéal pour les vacances, par exemple. Et pour lire au lit (j’insiste).

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De gauche à droite : la Sony PRS 505, la Kobo Touch et la Kindle Paperwhite

De gauche à droite : la Sony PRS 505, la Kobo Touch et la Kindle Paperwhite

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C’était le premier épisode

Dans le prochain article, samedi, je vous expliquerai précisément pourquoi j’ai choisi l’appareil d’Amazon* (et pas la Kobo Glo, par exemple, qui a presque les mêmes caractéristiques techniques).

Je vous parlerai aussi des différents formats (ePub, Mobi) utilisés par les liseuses, ainsi que des protections (DRM) qui sont placées par les différents acteurs du marché de la lecture électronique (Apple, Amazon, Adobe, Google, etc…).

Nous nous pencherons sur cette propension à vouloir coûte que coûte vouloir nous rendre prisonnier de tel ou tel « écosystème » et de la manière – selon mon avis d’utilisateur quotidien – d’envisager cette nouvelle donne sans stresser outre mesure.

Nous observerons les applications utiles et pratiques, aussi bien sur les appareils mobiles que sur les ordinateurs.

…La suite au prochain épisode !


* Liens sponsorisés


Ceci fait partie d’une série de trois articles consacrés aux liseuses :

Première partie :

http://www.tilekol.org/la-quete-de-la-liseuse-ideale

Deuxième partie :

http://www.tilekol.org/les-liseuses-les-malins-les-mechants-et-les-heureux

Troisième partie :

http://www.tilekol.org/petit-guide-pratique-de-la-liseuse-en-2013

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