Voici un livre qui va peut-être vous déstabiliser et remettre en question tout ce que vous pensiez connaître en matière de diététique. C’est un ouvrage sérieux, moderne, parfaitement documenté, dérangeant, convainquant, étonnant, détonnant. Une bombe, en quelque sorte.

L’éducation à la nutrition à l’école ? Elle est au programme, heureusement.

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L'éducation à la diététique, vaste programme.  Photo © julien tromeur - Fotolia.com

L’éducation à la diététique, vaste programme.
Photo © julien tromeur – Fotolia.com

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Et après avoir lu ce bouquin, un certain nombre de questions se bousculent dans ma tête. Vous allez comprendre pourquoi.

Je ne vous apprends rien en vous disant que notre société est frappée par une épidémie de surpoids, d’obésité et de diabète.

Cette épidémie croît sans cesse depuis 50 ans dans les sociétés occidentales, pour le plus grand bonheur des marchands de rêves – pardon, de régimes – qui attrapent à tour de bras les gogos à grands coups de « unes » de magazines et de livres-miracles, quand ce ne sont pas des potions magiques sous forme de liquide, de pilules, de barres protéïnées ou de poudre de perlimpinpin.

Les gouvernements des pays occidentaux font des préconisations censées permettre de régler le problème, avec peu de résultats.

L’épidémie progresse inéxorablement

D’ailleurs, les instances éducatives se préoccupent de cette problématique. Par exemple, les programmes de l’école primaire, dans le BO du 19 juin 2008, indiquent clairement dans la section « maternelle » : « (Les élèves) sont intéressés à l’hygiène et à la santé, notamment à la nutrition ».

Le succès n’est pas au rendez-vous. Pourtant, la recette paraît simple : manger moins, diminuer sucres et matières grasses, manger des fruits et des légumes, bouger.

Mais non, rien n’y fait, l’épidémie progresse inexorablement.

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

Bonne nouvelle

La bonne nouvelle, c’est que j’ai lu plusieurs publications récemment qui ne font que confirmer une grosse tendance qui se dessine après des années d’obscurantisme (vous allez comprendre pourquoi) et qui ose exposer au grand jour des vérités qui dérangent.

Cette tendance, une fois de plus, nous vient des USA. Ne vous esclaffez pas,nous savons tous que là-bas, l’obésité est tellement répandue que ce sont les personnes qui n’ont pas de souci de poids qui sont en passe de devenir l’exception.

D’accord. Et c’est également là-bas qu’il y a le plus de salles de gym, c’est là-bas que le terme « fitness » a été inventé, que chaque année de nouvelles pratiques sportives voient le jour dans le domaine de la fonte des graisses, que le plus d’études médicales de grande ampleur sont menées, que le problème est pris à bras-le-corps de tous côtés, que ce soit par l’administration ou par la recherche privée. Pour – entre autres – une simple question d’argent : l’épidémie coûte une fortune au pays, et est susceptible de rapporter une fortune à qui trouvera le remède.

La bonne nouvelle, c’est que je pense sincèrement que l’état des connaissances permet aujourd’hui de déterminer exactement les causes du problème, qui ne sont absolument pas là où on pense les trouver (comme vous allez le voir plus loin), et que, finalement, « il n’y a plus qu’à » traiter la situation à grande échelle.

Mauvaise nouvelle

La mauvaise nouvelle, c’est que ça ne va pas être de tout repos, tellement la vérité va à l’encontre de tout ce qu’on a pu nous raconter depuis des décennies. Tellement nous serons réticents à appliquer une simple recommandation, tellement les retombées économiques seront importantes, tellement il faudra changer les mentalités.

Et d’ailleurs, je ne sais absolument pas comment faire passer le message à mes parents d’élèves. Mais alors, pas du tout, comme vous allez le comprendre.

Cette « vérité » va d’ailleurs être probablement ridiculisée, critiquée, attaquée, vilipendée, dégommée par tous ceux – nombreux – qu’elle va profondément déranger. Et pourtant…

Pour terminer cette longue introduction et entrer dans le vif du sujet, je vais finir par vous présenter ce livre. Il s’appelle « FAT », ce qui signifie « gras » (ou « graisse ») en anglais.

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"Le livre sur l'alimentation le plus important de ces cent dernières années". C'est écrit dessus...

« Le livre sur l’alimentation le plus important de ces cent dernières années ». C’est écrit dessus…
Photo Tilékol

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Il est écrit par le plus crédible de tous les journalistes scientifiques américains, Gary Taubes (du « New-York Times » et de « Science »). Ce n’est pas un charlatan ni un vendeur de vent.

Ce monsieur très sérieux a consacré des années à éplucher, les unes après les autres, les études médicales, dont certaines à très grande échelle, qui ont été publiées depuis des lustres.

Il a fait le lien avec l’état actuel de la science, et il en a tiré des conclusions solides, argumentées, documentées, j’emploierais même le terme d’ irréfutables, et j’assume.

Je précise les choses le plus clairement possible : dans les lignes qui suivent, je ne vais pas vous donner mon propre avis, mais énoncer les affirmations de Gary Taubes et vous livrer ses principales conclusions.

Accrochez-vous au cocotier, ça va secouer.

1/ La théorie des calories est un mythe globalement faux.

Gary Taubes a même publié un autre livre de 500 pages sur la question, hyper-documenté. Il n’est pas traduit en français et s’appelle « Good calories, Bad calories ».
Dans « Fat », l’auteur démonte les absurdités scientifiques du comptage des calories tel qu’il est communément pratiqué. Il le démontre par une équation toute simple. Le résultat est le suivant, je cite : « Si l’adiposité était réellement déterminée par l’équilibre entre les calories consommées et les calories dépensées, cela impliquerait entre autres qu’il suffit de manger vingt calories en trop par jour pour grossir d’environ 23 kilos en 25 ans. »

Et, par voie de conséquence, qu’il suffirait de manger 20 calories de moins par jour pour tout reperdre !
Ce ne sont pas des affirmations gratuites, mais une démonstration brillante et argumentée.

2/ Se sous-alimenter ne fait pas maigrir.

Une des expériences scientifiques décrites dans le livre est sans appel. C’est dans cette partie du livre que les hormones entrent en scène. Et dans notre corps, les hormones font la loi.

Je vois venir d’ici vos railleries : bien entendu, si on ne mange plus RIEN, on va fondre et finir par mourir. Mais nous parlons ici du problème de surpoids des individus qui ont trop souvent le réflexe de « faire un régime » et qui auront pour résultat au bout de quelques semaine une prise de poids, et non une perte de poids. Le retour de bâton est impitoyable et programmé par nos hormones.

3/ Faire du sport ne fait pas maigrir.

Là, j’avoue que ça m’a porté un coup. Et pourtant, il suffit d’entrer dans une salle de gym et de voir les mêmes personnes qui pédalent inlassablement sur place depuis des années et qui n’ont pas changé de volume.
Précision : le sport donne faim. Lorsqu’on a faim, on mange plus que d’habitude. Et le résultat est tout simplement une balance qui s’équilibre et ne bouge plus.
Deuxième précision : les sportifs qui maigrissent (il en existe) ne se rendent pas compte que c’est autre chose qui les fait maigrir. Cette « autre chose » est exposée peu plus bas dans le texte.

4/ « Nous ne grossissons pas parce que nous mangeons trop, nous mangeons trop parce que nous grossissons ». (sic)

Inutile de culpabiliser, de se morfondre, de se prendre pour quelqu’un qui manque de volonté, il est tout-à-fait normal de consommer une quantité donnée de nourriture lorsqu’on pèse un poids donné. Tout est démontré de façon limpide dans le bouquin.
La problématique est inversée. La solution est ailleurs. Cette affirmation, déroutante de prime abord, devient pourtant une évidence à la lecture du chapitre qui lui est consacré.

5/ Le gras, et en particulier le gras animal, est BON pour le système cardio-vasculaire, a un effet positif sur le cholesterol ET ne fait pas grossir.

Ne vous moquez pas de moi ni de Gary Taubes, merci. Je sais, c’est déstabilisant parce que cela va à l’encontre de tout ce qu’on nous raconte depuis des années.

TOUT est DÉMONTRÉ point par point dans ce bouquin (et dans un autre dont je vous indique les références en bas de cet article).
Je ne vais pas ici vous donner les explications, franchement ce serait trop long. Simple exemple : les vertus étonnantes du saindoux pour notre santé y sont disséquées. L’explication commence en bas de la page 241. Si vous trouvez ce bouquin dans une librairie, ouvrez-le à cette page, vous ne pourrez plus le lâcher.

6/ UNE SEULE CHOSE fait grossir : c’est la consommation excessive de glucides et la réponse hormonale (insuline) qui en résulte.

Les glucides se trouvent dans… le sucre, les boissons sucrées, les bonbons.

Et aussi les pâtes, le riz, le pain.

Dans toutes les céréales…

Céréales qui ont commencé à être consommées avec l’invention de l’agriculture (il y a 12 000 ans) alors que l’Homo Sapiens a au bas mot 100 000 ans d' »ancienneté », si je puis m’exprimer ainsi. L’évolution qui a fait l’homme moderne (et ses ancêtres), qui a forgé son corps, qui lui a construit son cerveau exceptionnel, cette évolution s’est faite SANS les céréales, SANS les excès de glucides qu’elles provoquent et également pratiquement sans les fruits (remplis de fructose, une glucide particulièrement riche), qui n’étaient disponibles sous une forme primitive que quelques semaines dans l’année.

 

  • Donc, dans le plat de pâtes, ce ne sont pas le beurre et le fromage les ennemis, mais les pâtes…
  • Dans la pizza, l’ennemi, c’est la couche de pâte, et non pas la garniture…
  • Dans le hamburger, c’est le pain le coupable…
  • Dans le sandwich « saucisson-beurre », le saucisson et le beurre sont innocents !

…Je continue ?

Le coup de grâce

Je vous avais dit que ce serait étonnant, mais attendez, je vais vous asséner le coup de grâce :

Pour Gary Taubes, l’épidémie d’obésité a été causée… par les conseils des gouvernements et des nutritionnistes !

Depuis une cinquantaine d’année (et pas avant), en effet, ceux-ci préconisent :

-De manger des céréales ou féculents à chaque repas.
-De manger plusieurs fruits par jour.
-De modérer, voire de supprimer les corps gras.

Et ces trois préconisations sont ni plus ni moins selon lui que la recette de l’obésité.

(Bien sûr, il y a les sodas et les sucreries qui viennent s’ajouter au problème).

Nous serions donc en présence d’un énorme scandale médical qui, s’il explosait un jour, aurait des répercussions terribles dans nos sociétés.

Merci de ne pas me jeter de pierres, même virtuelles :-).
Je vous l’ai dit, ce n’est pas moi qui parle, mais l’auteur de ce livre-dynamite. De ce livre-bombe atomique !

Ses autres conclusions sont tout aussi étonnantes

  • Ceux qui maigrissent en faisant du sport diminuent sans s’en rendre compte leur absorption de glucides, et c’est ça qui les fait maigrir et non le sport.
  • Ceux qui maigrissent en faisant un régime hyperprotéïné suppriment sans s’en rendre compte les glucides, et c’est ça qui les fait maigrir, et non les protéïnes.
  • L’absorption d’une faible dose de glucides a le même effet sur le cerveau que la nicotine ou la cocaïne ou toutes les autres substances addictives. C’est une drogue, qui nous ordonne instantanément « une nouvelle dose ». Qui pourrait nier ce phénomène ?

 

Voilà, je vous ai grosso-modo, en simplifiant vraiment, décrit le contenu de ce livre que certains qualifient de « livre sur l’alimentation le plus important de ces cent dernières années » .

En ce qui me concerne, je n’ai aucune raison de ne pas adhérer à ses conclusions, notamment concernant le côté « drogue ». J’en viens à penser que se passer des glucides, c’est exactement la même problématique que se passer de cigarettes pour un fumeur. Ce sont les mêmes mécanismes qui sont en place. Sauf que la différence avec la cigarette, c’est que leur consommation nous est conseillée, vantée, recommandée par les gens qui s’occupent de notre santé.

Tout se tient.

Il y a un an, je ne vous aurais pas parlé de ce bouquin, parce vous auriez pensé que je suis fou. Mais maintenant que nous nous connaissons un peu mieux (je parle ici aux lecteurs fidèles), vous savez que ce n’est probablement pas le cas, même si Marianne me traite de zinzin, mais c’est une autre histoire.

 

Et mon problème professionnel est le suivant : dans mon école, il est extrêmement difficile d’expliquer aux parents qu’une barre chocolatée est mauvaise pour la santé de leur enfant.

Et jusqu’à maintenant, étant donné qu’ils veulent absolument mettre un « petit goûter » dans le cartable de leur progéniture, nous leur avons proposé… un fruit ou des céréales. Donc des glucides. 

Nous avons fait intervenir une nutritionniste, qui a également rencontré les parents, et qui leur a répété ce que dit la sagesse officielle : diminuer les corps gras, manger des fruits, etc…

A la cantine, des repas « équilibrés » sont servis, comprenant systématiquement céréales, féculents, laitages, fruits.

Mais que faire ?

…Je ne sais vraiment pas quoi leur suggérer de manger à la place !

Galilée a vraiment dû être bien embêté pour expliqué aux autorités de son époque que la Terre était ronde. Je me mets à sa place et je confirme : aller à l’encontre de ce qui est communément admis n’est pas chose simple.

Je pense donc que je ne vais pas parler de tout cela à mes parents d’élèves ou aux responsables de la cantine scolaire. Je me ferais lapider.

A moins que vous n’ayez une idée ?

 

De deux choses l’une : après la lecture de ce livre (et de ceux que je vous indique en annexe), soit on oublie ce qu’on vient de lire, on n’en parle plus et on continue de croire aveuglément aux conseils officiels et à leur peu de résultats, soit on ouvre son esprit, on analyse, on soupèse les arguments, on se gratte la tête et on se met à regarder son assiette d’un oeil soupçonneux…

 


Vous connaissez mon avis sur la question de l’achat des livres : pour la survie d’une profession toute entière, je vous recommande de faire vos emplettes chez votre libraire de quartier (s’il existe encore).

La références du livre est :
« FAT, pourquoi on grossit » de Gary Taubes, éditions Thierry Soucar.

Si vous comprenez l’anglais, je vous conseille sans réserve « The smarter science of slim » de Jonathan Bailor. Il traite du même sujet, et il est également passionnant. Si vous avez un iPad, vous pouvez le trouver en édition électronique dans la librairie d’iBooks.

Un troisième ouvrage, de la même veine, écrit par un blogueur-biologiste-sportif dont le site web (marksdailyapple.com) est dans mes favoris et m’inspire depuis des années. Son approche est celle du « mode de vie », le contraire du régime et c’est la voie de la raison. Outre ses conclusions, qui sont les mêmes que celles de Gary Taubes, Mark Sisson (c’est son nom) propose en quelque sorte de renouer avec le style de vie de nos ancêtres du paléolithique…

« Le modèle paléo », Mark Sisson, éditions Thierry Soucar.

 

 

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