L‘époque numérique que nous vivons est celle des surprises. Des révolutions. Des réinventions. Des changements de perspective. Olof Hansson a réussi un tour de force. Il a donné à une simple feuille de papier une dimension nouvelle, grâce du blanc, du gris, quatre petits carrés et trois cases à cocher.

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Il fallait y penser. Au choix, vous pouvez crier « Eureka » ou « Bravo ». Mais d’abord, venez voir en quoi consiste l’invention d’Olof…

Le Bullet Journal, une pincée d’analogique dans un monde numérique

Résumé des deux épisodes précédents (ici et ) : le « Bullet Journal » est un système d’organisation personnelle astucieux et « analogique », ce qui est délicieusement rétro dans l’univers hyper-connecté dans lequel nous évoluons, parfois plus ou moins de notre plein gré.

Avantages

Il utilise deux outils à l’ancienne : un cahier et un stylo. A l’ancienne, certes, mais pas obsolètes : outre le plaisir tactile qu’ils provoquent, ils ont quelques avantages de taille : ils ne se rechargent pas, sont toujours opérationnels, ne sont pas à la merci d’un bug et sont parfaitement lisibles en plein soleil 🙂

Revenons sur le côté « plaisir » : il est très important. Parce que c’est un facteur d’efficacité très important. On fait bien ce qu’on aime. Et certaines personnes (levez le doigt si vous êtes concerné) se régalent à manipuler de beaux objets, de beaux cahiers, carnets, crayons, voire stylos à plume. Nous reviendrons sur un stylo particulier en fin d’article.

Le Bullet Journal offre un autre avantage : on le tient en mains, on le feuillette, on le manipule, et on l’appréhende d’une autre manière que les documents numériques, qui peuvent parfois dormir pendant des années dans un recoin de nos disques durs sans même que nous ne nous souvenions de leur existence.

Inconvénients

Bien entendu, la perfection ne faisant pas partie de la nature humaine ni de ses créations, vous pourrez me dire que la qualité première du Bullet Journal se transforme parfois en inconvénient : n’étant pas numérique, il n’est pas consultable à distance via Dropbox ou Evernote, par exemple, et on ne peut pas faire une recherche en tapant simplement un mot-clé.

Eh bien ma mission d’aujourd’hui va consister à vous prouver le contraire ! Et pour vous attirer, susciter en vous de l’intérêt, je vais vous montrer l’invention jaillie du cerveau fertile de Olof Hansson, qui, lui, n’habite pas New-York (comme Ryder Carrol) mais Stockholm, en Suède.

Le parfait complément du Bullet Journal

Revenons d’abord sur la notion de « numérique ». Le numérique, ce n’est pas l’informatique, mais c’est le passage à la moulinette virtuelle de ce qui était auparavant physique, palpable : disques, films, livres par exemple. Qui se sont transformés en « pure information », faite de suites de 0 et de 1, et gérée par l’informatique, justement.

Mais alors, de la même manière qu’on peut prendre un CD bien réel et le transformer en MP3, qu’est-ce qui nous empêche de transformer un Bullet Journal en fichier numérique ? Rien.

La manière la plus simple, et de très loin, consiste à prendre une photo. Par exemple, lorsque ma « Bullet Page » contient des informations qui me seront utiles dans la journée, je la photographie avec mon smartphone. Et hop, dans la poche. Ca, c’est la version basique.

On peut aller plus loin. Je peux prendre cette photo et la mettre dans un dossier « Bullet journal » que je placerai dans Dropbox, et elle sera accessible sans souci. On peut améliorer les choses en renommant la photo et en faisant commencer son nom par la date du jour, sous la forme année-mois-jour. Exemple : 2014-12-17, ou pourquoi pas 20141217. En faisant cela, les différentes photos se rangeront automatiquement dans l’ordre chronologique et je pourrai naviguer facilement entre elles.

On peut aller plus loin. Je peux utiliser Evernote, un « espace de rangement » virtuel, accessible via le cloud et installable sur tous les outils informatiques. Je crée un carnet que j’appelle « Bullet Journal », et j’y place mes notes. La particularité d’Evernote est, d’une part, que je peux facilement ajouter un « tag » ou « étiquette » à une note (me permettant de la ranger dans une ou plusieurs catégories), et d’autre part qu’il est possible d’y faire une recherche par mot-clé, même sur des photos avec du texte manuscrit ! Et ça marche plutôt bien, à condition de ne pas avoir l’écriture de mon médecin traitant.

On peut aller plus loin ! et c’est là que l’invention géniale d’Olof intervient. C’est une invention « à plusieurs étages » qui est réellement fascinante, parce qu’elle mixe réel et virtuel d’une manière magistrale.

Objectif : réinventer la feuille de papier. Objectif atteint.

Olof a en quelque sorte réinventé la feuille et l’a propulsée dans le 21ème siècle. En utilisant du bon vieux papier et sans y mettre le moindre composant électronique !

Premier étage : les lignes blanches

N’avez-vous jamais été gêné par les lignes bleues, noires ou rouges de vos carnets ou cahiers, qui sont parfois un peu trop voyantes et qui viennent perturber votre beau tracé ?

Olof les a faites blanches. Vous me direz, blanc sur blanc, elles deviennent invisibles. Et bien non, puisque le papier est désormais gris clair. Lignes blanches sur fond gris. Non seulement les lignes ne viennent plus perturber le texte, mais en plus la couleur du papier est très agréable, on pourrait presque dire « moins agressive » que le blanc immaculé.

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Page grise, lignes blanches !

Page grise, lignes blanches !

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Rien que ça, ça mérite le premier prix du Concours Lépine. Mais ce n’est pas tout, le plus beau est à venir…

Deuxième étage : la numérisation

Olof a conçu une application gratuite (qui fonctionne avec Apple et Android, pas de jaloux) qui va transformer une page manuscrite en document numérique extrêmement « propre », en un clin d’oeil.

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Whitelines : avant-après

A gauche, l’original (dans la réalité, c’est nettement moins sombre). A droite, la version numérique créée automatiquement par l’app Whitelines.

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Dans sa gamme « link », les feuilles de cahiers comportent quatre petits carrés aux quatre coins. Des carrés blancs et discrets.

Lorsque vous ouvrez l’application sur votre smartphone, il va se produire ceci :

  • Elle va repérer ces quatre carrés, un peu à la manière de QR-codes.
  • Elle va prendre la photo.
  • Elle va se servir des quatre carrés pour cerner la partie d’image à conserver et « redresser » l’image et la rendre parfaitement rectangulaire.
  • Elle va « traficoter » l’image un peu à la manière de Photoshop, en jouant avec le contraste : le gris clair de la feuille va devenir blanc, le texte sera bien visible.
  • Elle va en faire un PDF.
  • Et ce n’est pas tout !

Le processus en images

(Les images appartiennent à Whitelines)

Etape 1 : l’original papierwhitelines-1

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Etape 2 : ouvrir l’application sur le smartphonewhitelines-2

Le smartphone se prépare à capturer l’image.
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L’application repère les quatre carrés aux quatre coins de la feuille…

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Clic-clac, c’est dans la boîte. Les perspectives se redresseront toutes seules. Notez les options mail, Evernote et Dropbox.

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Résultat : le fond gris disparaît, le PDF est créé

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…Et les notes sont soigneusement rangées dans le smartphone, prêtes à être réutilisées.

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Troisième étage : la mise en ligne

C’est là que le génie astucieux d’Olof atteint des niveaux stratosphériques : en bas de chaque feuille, toujours blanc sur gris clair, il y a trois petites cases, contenant trois icônes : celle représentant une enveloppe, celle d’Evernote et celle de Dropbox.

Vous devinez à quoi elle servent ?

Ce sont des cases à cocher.

  • Si vous cochez la case contenant la petite enveloppe, l’application va automatiquement ouvrir votre boîte mail, créer un nouveau message et placer la feuille en pièce jointe. Vous indiquez un destinataire et hop, c’est expédié.
  • Si vous cochez la case contenant le logo à tête d’éléphant, l’application va automatiquement envoyer le document vers le carnet Evernote que vous aurez paramétré…
  • Et si vous cochez le logo de Dropbox… vous comprenez ce qui va se passer. Votre PDF sera transféré vers le dossier idoine. Tout seul.

Bon, c’est utile mais pas indispensable : l’application Whitelines propose aussi ces trois option dès le traitement de l’image réalisé.

Chapeau, Olof ! (ou plutôt : « Couronne, Olof »)

Lorsque j’ai découvert cette invention, il y a maintenant 6 mois, j’ai ouvert des yeux ronds. Olof a réussi à mélanger de manière intime virtuel et numérique, tout en laissant à chaque support ses qualités propres. Chapeau !

Bien entendu, j’ai immédiatement voulu tester la chose, en commandant quelques cahiers sur le site web de Whitelines.

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A gauche : le Leuchtturm1917. A droite : le cahier à spirale. Sur le dessus : le petit carnet à lignes blanches !

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Bon, c’est en anglais et les prix sont en couronnes suédoises (1 SEK (couronne) = 0,10 EUR (environ)). Ce qui nous apprend au passage que la Suède, bien que membre de l’Union Européenne, ne fait pas partie de la zone Euro.

Habitant l’île de la Réunion, j’ai reçu ma commande (et celles qui ont suivi) en 15 jours. Nickel. Et si j’ai passé plusieurs commandes, c’est que je suis satisfait du produit !

Attention quand même : si vous voulez les cahiers « connectés », il faut prendre ceux ayant pour référence « Whitelines Link ». C’est le « Link » qui fait la différence. Il existe même des « carrés magiques » aimantés, permettant de numériser le contenu de votre tableau blanc !

Pour les amateurs du style « Moleskine », Whitelines s’est allié avec un fabricant allemand, au nom charmant de Leuchtturm1017, qui propose des cahiers à élastique, à couverture rigide et pochette range-documents, d’une qualité que je trouve supérieure (surtout au niveau du papier) à celle de Moleskine. L’élastique est orange, ainsi que le ruban marque-page : c’est joli et moderne.Et les pages sont pré-numérotées !

Au moment de conclure cet article, j’ai eu l’idée de vérifier quelque chose. Bingo, Les cahiers Whitelines Link Leuchtturm1917 sont maintenant sur Amazon (cliquez) ! C’est récent, je ne les avais pas vus avant. Et au moins, c’est en français et il n’y a pas de conversion de couronnes en euros à effectuer. Voilà une bonne nouvelle. 

Puisque j’y suis, je vous parle d’un stylo que j’ai découvert sur le site de Whiteline et qui est vraiment très agréable et très lisible. Il s’agit du « Pentel Tradio », qui est un mélange entre feutre et plume. Il propose un réel plaisir d’écriture et son contraste est excellent. A utiliser pour le Bullet Journal 🙂

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Mes trois Tradio (noir, bleu, rouge) et leurs recharges.

Mes trois Tradio (noir, bleu, rouge) et leurs recharges.

Conclusion

Je me sers des cahiers et de l’appli de Whitelines pour mon propre Bullet Journal, mais je ne numérise pas tout, je trouve cela inutile. En fait, je numérise ce qui ne concerne pas mes tâches quotidiennes : notes de lecture, de voyages, etc..

Je m’en sers également comme « journal de direction d’école ». Bien pratique, parce que je peux prendre des notes à l’improviste y compris lorsque je suis en face d’un interlocuteur ou au téléphone. Là, je numérise tout.

J’aime bien l’idée de garder le meilleur des deux mondes, un pied dans le virtuel et l’autre dans le réel… Il n’y a aucune raison d’opposer numérique et analogique !

 

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