Tilékol, c'est une aventure qui dure depuis 2011, quand même…

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Je voudrais dans cet article faire un bref retour sur l'histoire de ce drôle de blog et surtout parler de son avenir. J'ai bien réfléchi à ce sujet et j'ai des idées.

J'aimerais que ce ne soit pas un monologue. “Exprimez-vous en commentaire”, ce n'est pas une simple phrase incitative, c'est réellement l'envie de communiquer avec vous. C'est très important. Qui a envie de parler tout seul ?

Je divise cet article en deux parties. Logiquement, j'aurais dû faire un retour sur l'histoire de Tilékol, puis parler de l'avenir.

J'ai décidé de faire l'inverse : on va d'abord parler du futur, puis faire un retour vers le passé.

Pourquoi ? Pourquoi pas !

Première partie : le futur de Tilékol

Si vous avez l'habitude de fréquenter ce blog, vous avez remarquer que depuis pas mal de mois, c'était le calme plat.

Je n'avais simplement rien à dire, et je n'avais pas le temps.

Il faut dire que pendant des années et des années, j'ai systématiquement consacré mon mercredi à l'écriture de ces articles, avec un genre de feu sacré, mais que depuis que je suis à la retraite (2017, j'ai pu m'arrêter à 57 ans), tout ce qui concerne l'éducation (Nationale ou pas) s'est progressivement évaporé de mon cerveau.

Je suis passé à autre chose, et je ne me sens plus compétent pour faire des publications régulières sur le sujet.

Mais maintenant qu'il n'héberge plus la librairie en ligne de Nanoug, ce site web doit-il mourir de sa belle mort ?

Je pense que ce serait dommage, parce qu'il contient quand même des archives que je trouve très riches, très utiles, et faire disparaître tout ça d'un clic de souris serait quand même un beau gâchis.

Je me suis dit que j'allais tenter une expérience. Mais j'aurai besoin de vous.

Celle de continuer à m'exprimer ici, mais en élargissant l'horizon.

  • J'aimerais vous parler d'art.
  • J'aimerais continuer de vous parler de la révolution de l'intelligence artificielle parce que c'est fondamental, énorme, et que l'humanité va en être bouleversée.
  • J'aimerais continuer de vous parler d'organisation, et de bien d'autres choses. Pourquoi pas de pédagogie ?
  • J'aimerais partager avec vous les découvertes de mon esprit curieux.

A quelle fréquence ? Aucune idée !

Je n'irai pas jusqu'à déclarer, comme le faisait Michel de Montaigne (tiens, un autre Michel) que “je suis moi-même la matière de mon livre“, mais que mes découvertes, mes réflexions, mes partages pourraient être la matière de mon blog.

Ça vous dit ?

J'y met quand même une condition : je ne veux pas me sentir tout seul ! Je veux que ce blog soit vivant, qu'il ne soit pas un monologue, j'ai besoin de sentir que quelqu'un est passé le lire, j'ai besoin que vous vous exprimiez.

Et donc, sempiternelle phrase : exprimez-vous en commentaires !

Parler d'art ?

Ah, une petite chose : je vous ai dit que j'aimerais vous parler d'art. Il y a une raison à ça. Même plein de raisons.

Tout d'abord, il y a le fait que, étrangement, lorsque je me suis retrouvé à la retraite, je me suis mis à peindre.

Je me suis passionné. Je me suis plongé dans l'histoire de l'art, dans la vie et les oeuvres de nombreux peintres, dans la technique picturale (LES nombreuses techniques), je me suis régalé et je continue de me régaler.

Et rapidement (à mon grand étonnement) je me suis retrouvé “artiste-peintre professionnel”, je vends mes oeuvres (et heureusement, sinon je serais mort étouffé sous des tonnes de tableaux entassés et je serais complètement ruiné par l'achat des toiles et de peintures – plus probablement je me serais arrêté rapidement).

Je ferai donc peut-être la promo de mes tableaux 🙂

Mais aussi, il y a autre chose.

Il y a ces élèves de maternelle qui sont de grands artistes et qui sont ensuite bridés en grandissant et deviennent ces adultes qui ont ce pouvoir créatif vital en eux mais ne s'en rendent même plus compte.

Il y a ces images créées par l'IA et qui sont partout, partout, partout (même en tête de cet article !) à tel point qu'on en oublierait presque que l'art est le propre de l'homme depuis le temps des cavernes !

Il y a tant à dire.

Nouveau logo, nouveau slogan ?

J'ai même pensé à modifier le logo du blog, histoire de me motiver, et je pense transformer “Enseigner, apprendre, partager” en “Curieux de tout”.

Qu'en pensez-vous ?

Deuxième partie : Retour vers les origines de Tilékol

En 2008, je reprenais l'enseignement après une décennie pendant laquelle j'étais “en dispo”, pour aider ma femme qui avait lancé une marque de T-shirts, ici à la Réunion. Pendant cette période, je suis devenu imprimeur de T-shirts. J'ai appris à piloter de grosses machines électro-pneumatiques, j'ai géré un atelier, j'ai embauché des gens parce que mes deux bras ne suffisaient pas, ce qui m'a permis de côtoyer des personnes de qualité avec lesquelles la notion de travail d'équipe n'était pas un vain mot (coucou Nelly, Didier, Alix, Philippe, Sylvain, Ruddy, et tous les autres !)

Cette phase de ma vie m'a fait découvrir des réalités que je n'imaginais même pas quand j'étais enseignant, et même si elle a été loin d'être de tout repos, même si j'ai découvert ce qu'était le stress intense, elle m'a énormément apporté humainement.

Donc, me revoilà en 2008, de retour dans une école maternelle d'un quartier dit “défavorisé”, il a fallu que je réapprenne tout, et que je découvre un métier qui avait totalement changé pendant mon absence : de nouvelles disciplines étaient apparues, de nouvelles exigences (que je trouvais stupides, j'avoue) étaient attendues de la part des enseignants, et aussi… entre-temps Internet avait fait irruption.

Et, en particulier, les blogs d'enseignants. J'avoue que je suis allé de découverte en découverte, très étonné de l'ampleur du phénomène.

Mais bon, je me suis retrouvé dans une classe (je me souviens, la première année c'était une moyenne-grande section), il a bien fallu que je me remette sur les rails.

Très rapidement, je me suis rendu compte que j'avais absolument besoin d'un outil et que cet outil n'existait pas, ou du moins, il n'existait pas “tel que je le voulais”.

“L'outil Tilékol”

Un outil de suivi des progrès de mes élèves, mais pas uniquement.

Je voulais avoir, d'un simple coup d'oeil, la vision à la fois des points précis d'apprentissages que j'abordais, des résultats collectifs de la classe et des résultats individuels de mes élèves.

C'est comme ça que j'ai mis au point la feuille de calcul que j'ai utilisée et perfectionnée dans ma classe, puis partagée avec mes collègues, puis présentée à mon IEN (il m'a suggéré de me faire éditer !), puis aux autres directeurs de ma circonscription, puis à d'autres enseignants de l'île lors d'une conférence qui s'est tenue pendant le salon de l'informatique…

Cette petite feuille de calcul était décidément bien utile.

Et donc je me suis dit que j'allais la partager plus largement, en la mettant gratuitement à la disposition des collègues en créant un site web spécialement pour l'occasion.

Il fallait lui donner un nom, ce serait “Tilékol” (“la petite école” en créole réunionnais).

J'en ai annoncé la création à Nanoug, qui avait un blog (qui existe toujours) que je fréquentais assidûment, elle en a parlé à ses lecteurs, et très rapidement le petit “outil Tilékol” s'est retrouvé disséminé dans pas mal d'école, en France et dans d'autres pays francophones.

Mission accomplie.

Mais ça ne suffisait pas, il fallait donner de la vie à ce site web, j'ai donc créé une section “blog” et je me suis mis à écrire des petits articles. J'adorais ça.

Et non seulement j'adorais ça, mais le fait de me focaliser sur des points précis de pédagogie, de réfléchir, de me documenter, tout cela me faisait progresser au sein de ma classe. Une très belle expérience. (C'est amusant, je retrouve ce plaisir au moment où j'écris ces lignes).

L'histoire de la librairie de Nanoug

Je vous ai dit que je visitais souvent le blog de Nanoug (que je ne connaissais par personnellement), et j'achetais aussi ses livres, qu'elle proposait à l'époque en impression à la demande : je passais commande, le livre était imprimé et je le recevais par la poste.

Non seulement ça coûtait très cher (les frais de port vers la Réunion étaient en plus très élevés), ça prenbait du temps à arriver, mais en plus j'étais obligé de découper les livres pour pouvoir photocopier facilement les fiches, ce qui n'était pas pratique.

Un beau jour, j'ai contacté Nanoug et je lui ai demandé pourquoi elle ne les vendait pas sous forme de fichiers numériques.

Elle m'a répondu qu'elle ne savait pas comment faire.

Je lui ai proposé de tenter une expérience : vendre un de ces livres, au format PDF, directement sur Tilékol, je me chargeais de la technique. Elle a accepté.

Et c'est ainsi que la librairie numérique de Nanoug est née, a pris de l'ampleur, et d'ailleurs je vous rappelle qu'elle est maintenant sur un site web dédié que je vous invite à aller visiter !

Quel plaisir ça a été de collaborer avec Nanoug pendant toutes ces années ! Nous étions vraiment sur la même longueur d'onde, bien qu'à 10 000 kilomètres de distance !

Pour faire tourner cette librairie, je me suis déclaré en auto-entrepreneur, ce qui m'a permis de gagner quelques sous qui m'ont aidé à payer l'hébergement de Tilékol, le service de newsletter, le logiciel de vente en ligne, le développeur qui m'aide techniquement quand je cale, etc…

J'ai supprimé mon auto-entreprise en juillet dernier, les frais sont désormais à ma charge, et j'ai eu une petite idée amusante qui me permettrait de les amortir.

Nous en reparlerons !

J'arrête là ce long article. J'ai pris du plaisir à l'écrire.

A bientôt ?