Comme expliqué dans le précédent article, je vais vous raconter ici quelques éléments qui m’ont marqué lors de mon tout récent voyage au Japon. Et qu’est-ce qui marque le plus un visiteur lorsqu’il débarque à Tokyo ? Les japonais, oh oui !

Ils sont forts, très forts, très très forts…

Bien entendu, le regard d’un touriste sur un pays et ses habitants est forcément tronqué, réducteur, voire caricatural. J’assume cette caricature. Mais concernant le Japon, certains aspects précis sautent tellement aux yeux, immédiatement, qu’on ne peut pas se tromper à leur sujet.

J’en ai d’ailleurs eu la confirmation par des occidentaux vivant au Japon depuis longtemps. Les habitants de ce pays sont incroyables.

En fait, la société japonaise est comme le pays : aux antipodes. Aux antipodes de la façon dont le français moyen vit, se comporte, interagit avec les autres. A mon humble avis.

Attention ! Ne voyez pas dans la description qui va suivre un quelconque message politique. Voyez plutôt un genre de description ethnologique faite par un amateur étonné qui cherche juste à décrire ce qu’il a vu…

Les villes japonaises

…Je pense particulièrement à la mégalopole de Tokyo et à l’ensemble Kyoto-Osaka.

Lorsque vous débarquez à Tokyo, vous pensez être arrivé dans une ville, une grande ville comme les autres.

Vous vous trompez.

Vous commencez à vous douter de quelque chose lorsque vous constatez que vous faites 45 minutes de train (pas de métro : de train) pour aller d’un quartier à un autre. Et que vous ne voyez aucun changement dans le paysage. La ville, la ville, la ville.

En fait, Tokyo est composée de 23 « arrondissements » , eux-mêmes collés aux villes alentour. C’est gigantesque.

42 millions d’habitants dans l’agglomération !

42 MILLIONS !

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Emporté par la foule !

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En ville, il y a du monde partout. Dans certaines rues, la vision de la foule est incroyable. Du monde, du monde, du monde. Des masques en papier sur la bouche. Des employés de bureaux en costume-cravate. Des ados sortis tout droit d’un manga. Des femmes avec la même coupe de cheveux, toute simple, dupliquée des millions de fois.

Les étrangers se sentent un peu des intrus face à ce peuple compact, uni, homogène, visiblement pas métissé.

Des intrus, certes, mais aucun malaise.

Parce que les japonais sont accueillants, hospitaliers, respectueux, polis, organisés, disciplinés.

Il y a une expression, chez nous, qui désigne un idéal, un point vers lequel il faudrait arriver, et qui demande manifestement des efforts, de la pédagogie, au point que cette expression désigne quasiment une utopie.

Vivre ensemble

Cette expression, c’est « vivre ensemble ».

Au Japon, le vivre ensemble est une réalité. Les japonais nous en donnent une leçon magistrale, et même carrément incroyable.

(Attention : vivre ensemble entre japonais unis par une même culture).

Le mieux est que je vous donne quelques exemples, vous allez vite comprendre.

Discipline

Sur les quais de gare ou de métro, les gens font la queue, l’un derrière l’autre, parfois sur plus de 10 mètres. Ils font même mieux que ça : ils font deux queues devant l’emplacement où la porte du wagon va s’ouvrir.

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La file d’attente, tranquille, pas de stress, pas de bousculade.

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Lorsque la porte s’ouvre, ils laissent les passagers descendre, au milieu, entre les deux files. Puis ils montent, l’un derrière l’autre, sans doubler l’autre. Même lorsque le train est archi-plein et qu’il faut pousser fort pour entrer !

Ca, c’est pour la discipline. Parlons maintenant de l’honnêteté.

Honnêteté

Dans certains supermarchés, vous pouvez constater un élément qui serait carrément de la science-fiction dans n’importe quel autre pays du monde : les caisses sont au fond du magasin.

Ce qui signifie que vous faites vos emplettes, vous arrivez aux caisses, vous payez, et vous retraversez le magasin dans l’autre sens pour sortir. Et bien entendu, PERSONNE n’aurait l’idée de se servir gratuitement avant de partir.

Vous imaginez le niveau de confiance, les relations sociales, les rapports entre les gens ?

Autre exemple : une amie, qui voyageait avec nous, s’est rendu compte à Osaka qu’elle avait perdu son iPhone.

Adieu, smartphone !

Pas tout-à-fait : elle s’est rendue au bureau des objets trouvés. A fait une description de son appareil. A laissé l’adresse de son hôtel.

Deux jours plus tard, elle recevait, à l’hôtel, un colis. A l’intérieur, bien emballé, bien protégé, se trouvait son iPhone ! Elle a juste payé les frais de port, quelques euros.

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Dans le colis : un iPhone !

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Quelqu’un avait trouvé le smartphone dans la gare d’Hiroshima, à plus de 300 kilomètres de là, l’avait ramassé, et était allé le déposer au bureaux des objets trouvés. Qui le lui avait renvoyé.

Hallucinant.

Politesse

Et puis, il y a la politesse extrême des japonais. La petite courbette de respect, qui n’a rien de rabaissant, mais qui est au contraire une fierté. Par exemple, lorsque vous êtes dans un train, lorsque le contrôleur entre dans le wagon, il s’incline et il dit bonjour. Lorsqu’il sort du wagon, il s’incline et il dit au revoir.

Attention, le pays des mangas n’est pas non plus celui des bisounours. Si vous enfreignez des règles, vous vous faites rappeler à l’ordre sans ménagement.

Et cette politesse est également une codification sociale qui est parfois éloignée du monde merveilleux des petits coeurs roses, des nounours bleus et des licornes volantes.

Keigo

Par exemple, chaque employé d’une entreprise doit connaître par coeur le « manuel », qui n’est rien d’autre que le règlement intérieur, et qui désigne par le menu la manière dont on s’adresse aux autres, les phrases à prononcer, le moment où on les prononce.

Le « keigo » désigne le système de politesse japonais, complexe : selon son interlocuteurs, on n’emploie pas les mêmes mots pour communiquer ! Il y a trois sortes de langages : le langage poli, le langage du respect, et le langage de la modestie, les uns et les autres pouvant se combiner entre eux !

La conséquence ? Votre patron vient vous voir et vous demande de manière polie de faire une tâche particulièrement repoussante ou de faire des heures supplémentaires, vous répondez de manière polie que vous êtes d’accord, même si vous le maudissez intérieurement !

Et si vous ne pouvez vraiment pas faire d’heures supplémentaires tel ou tel jour, vous vous excusez publiquement auprès de l’ensemble du personnel !

Comme vous pouvez le constater, la politesse est bien plus qu’une manière de communiquer au Japon : c’est un liant social, profond, qui peut s’apparenter à une colle forte. Et qui s’agglomère avec une autre valeur-culte : le travail.

Voilà… Je ne vais pas pousser plus loin le compte-rendu : je n’ai pas les compétences pour analyser plus profondément les rapports entre nippons.

Toujours est-il que j’ai trouvé que les japonais étaient l’élément le plus remarquable du japon ! Plus que les paysages, plus que la nourriture, plus que le climat !

Voici quelques photos, un peu en vrac :

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Le Japon ? Hallucinant !

Une scène banale, dans le métro. Les masques en papier sont partout. Remarquez, avec la densité de population, le moindre virus pourrait se propager à une vitesse foudroyante, il vaut mieux prendre ses précautions !

Le respect de la tradition, omniprésent.

Des chiens en poussette ? Normal. C’est même obligatoire pour prendre le métro.

On se demande parfois si on n’évolue pas à l’intérieur d’un dessin animé.

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Dans le prochain article, je vous parlerai de ma visite d’un lieu lourdement chargé d’histoire, de souffrances, de folie humaine. Et qui s’est avéré être bien différent de ce à quoi je pouvais m’attendre. Hiroshima.

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