J‘ai reçu une question de Karine, enseignante et tilékolière, à propos du choix d’un vidéoprojecteur pour sa classe. Elle envisage d’acheter un « picoprojecteur » et me demande mon avis. Voici ma réponse, en sachant que vos expériences sont extrêmement intéressantes, donc n’hésitez pas à prendre la parole dans les commentaires si vous avez un de ces appareils dans votre classe.

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Commençons par lire le courrier de Karine. C’est par ici…

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Bonjour,

Je viens d’acquérir un ipad air pour travailler avec mes élèves dans ma classe (tps/ps);
Je veux projeter l’écran de la tablette sur un mur de la classe, je pensais donc à un pico projecteur, mais je ne sais pas vers quoi me tourner… de plus, je ne veux pas y mettre un prix fou, puisque je vais l’acheter moi-même…

Aurais-tu des infos là-dessus ?

Le câble de l’ipad se termine par un port usb, je pensais donc pouvoir le brancher directement sur le pico projecteur, crois-tu que ce soit possible?

Merci beaucoup!

Karine

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Bonjour Karine !

Je vais répondre à ta question – à tes questions – à partir de ma propre expérience. Espérons que d’autres lecteurs apporteront leur témoignage pour compléter le « dossier » et te fournir une documentation solide.

Les différents types de vidéo-projecteurs

Dans ton courrier, tu parles de « picoprojecteur ». Faisons un peu le tour des différents types de matériel disponible, histoire de nous éclaircir les idées.

Qualité « documents » ou « cinéma »

Les vidéoprojecteurs, c’est un peu comme les voitures : la gamme est très large,les « motorisations » sont différentes, mais ceux qui nous intéressent ont un point commun.

Ce point commun, c’est que pour une utilisation en classe, nous n’avons pas besoin d’appareils avec une grande finesse d’image et une fidélité des couleurs exceptionnelle.

Nous ne nous intéresserons donc pas aux projecteurs de type « Home-Cinéma », qui permettent de transformer son salon en annexe du festival de Cannes. Et ça tombe bien, puisque ce sont les plus chers.

Restons dans le « basique ».

Picoprojecteurs, mini-projecteurs et vidéoprojecteurs de taille standard

Passons maintenant à la taille de l’objet. Comme les trois ours de Boucle d’Or, il y a le petit, le moyen et le grand.

  • Le tout petit, c’est le « picoprojecteur » (exemple : ce Philips). Il tient dans la main et dans la poche. Il fait une dizaine de centimètres de long, cinq centimètres de large, deux ou trois d’épaisseur. Certains sont même intégrés à des housses de smartphones ! Il existe même une tablette avec picoprojecteur intégré! Le rêve absolu, l’idéal pour une classe ? Nous allons voir ça dans un instant.
  • Le « mini-projecteur » est un peu plus gros, mais guère plus. Dans notre école, nous en avons un, il s’agit du Acer K11 (il ne semble plus être fabriqué). Il fait environ 12 cm X 12 cm X 5 cm : plus gros qu’un « pico » mais largement transportable. Je l’appelle « mini », mais en fait c’est un gros « pico », en sachant que les « petits picos » sont vraiment minuscules.
  • Le « standard », c’est le projecteur classique, par exemple la gamme des Epson ou BenQ, marques spécialisées dans ce type de matériel.

A lampe ou à LED

Grosso-modo (simplifions, simplifions), il y a deux types de sources lumineuses pour les vidéoprojecteurs :

  • La lampe à vapeur de mercure, qui fournit la lumière, et qui est ensuite associée à des mini-écrans qui fournissent l’image (LCD ou DLP).
  • Le projecteur à LED, qui se passe de la lampe à vapeur de mercure. Un peu comme certaines ampoules électriques, la lumière est justement fournie par les LED.

Il y a deux grandes différences entre ces deux systèmes, qui méritent que nous nous y attardions quelques instants :

  • La lampe à vapeur de mercure éclaire beaucoup, chauffe pas mal, et a une durée de vie plus courte que le LED (dans les 5000 heures, quand même). On la trouve dans les vidéoprojecteurs standard bon marché.
  • Le LED prend moins de place, est moins gourmand en énergie donc chauffe moins. C’est donc cette solution qu’on retrouve dans les pico et mini-projecteurs, mais il y a également des « gros projecteurs » qui sont équipés de LED. La durée de vie est environ six fois plus grande que dans le cas de la lampe classique.

Le plus important : la luminosité

C’est vraiment le point-clé.

La luminosité est exprimé dans l’unité de mesure qui s’appelle « lumen ».

Allez, détendons-nous un peu :

Le lumen :

« 1 lumen correspond au flux lumineux émis dans un angle solide de 1 stéradian par une source lumineuse isotrope (ponctuelle uniforme) située au sommet de l’angle solide et dont l’intensité lumineuse vaut 1 candela. »

Wikipedia

…Vous n’avez rien compris ? Moi non plus ! Et ce n’est pas grave !

Retenons juste que plus la quantité de lumens est élevée, plus la lumière est forte.

Prenons un point de comparaison : le mini-projecteur de mon école a une valeur de 200 lumens. Lorsque je veux m’en servir, pour projeter une image d’environ un mètre de large sur mon tableau blanc, je le place environ à deux mètres. Et je tire les rideaux, éteins la lumière et ferme la porte. Sinon, on ne voit pas grand-chose. Je qualifie sa luminosité de « faiblarde ».

A titre de comparaison, les picoprojecteurs ont une luminosité de 12 à 30 lumens, exceptionnellement 40 lumens… En d’autres termes : pour y voir quelque chose, il faut soit se rapprocher fortement de l’écran, pour afficher une image de 20 ou 30 centimètres, soit faire vraiment le noir complet, en encore…

Continuons la comparaison : un vidéoprojecteur à lampe, classique, bas de gamme a habituellement une luminosité de 3000 lumens. Aucune comparaison ! On peut l’utiliser sans rideaux (mais pas non plus dans une pièce trop claire) sans souci.

A l’heure du choix

Le choix paraît évident : projecteur à lampe, « classique », le moins cher possible, le plus lumineux possible, et ça roule !

Je pense qui si c’était à refaire, c’est ce que nous prendrions dans notre école (d’autant plus que les prix ont bien baissé ces dernières années). Mais mais mais, il y a un « mais ».

Le choix paraît évident.

Mais il ne l’est pas.

attention

Parce qu’il faut faire attention à autre chose. Quelque chose de TRÈS TRÈS TRÈS TRÈS TRÈS important. Lisez attentivement.

Vous vous souvenez de l’éclipse ? Les précautions, les lunettes spéciales, les élèves confinés dans les classes ? Le danger pour les rétines ?

Avec les vidéo-projecteurs, c’est EXACTEMENT PAREIL.

Souvent, dans une classe maternelle, le vidéoprojecteur atterrit sur une table. Il projette vers le tableau ou vers un mur. Les élèves vont et viennent. Certains sont même debout au tableau et parfois interviennent sur l’image.

Et c’est là qu’il faut faire particulièrement attention. Si un élève de quatre ans a la mauvaise idée de regarder directement l’objectif d’un projecteur de 3000 lumens placé à hauteur de ses yeux, il risque de GRAVES dommages.

Et ce scénario, personne le veut le vivre dans sa classe.

Et d’ailleurs, c’est en partie pour cela que les TBI sont équipés de projecteurs installés en hauteur, au-dessus du tableau, avec un objectif à courte ou très courte focale qui projette directement sur l’écran, selon un angle qui élimine la possibilité de croiser du regard le flux lumineux.

Mais ces dispositifs coutent bien plus cher que les modèles standard (quoi que les prix suivent une tendance à la baisse comme pour ce modèle OPTOMA).

 

Bon, alors, au final, que fait-on ?

On analyse.

Si votre classe est divisés en plusieurs « coins » bien distincts les uns des autres, et si vous comptez utiliser votre projecteur en petit groupe « rapproché », sur des images de format réduit, vous pouvez opter pour le pico. En tirant les rideaux.

Si vous désirez quand même utiliser le vidéoprojecteur en regroupement, que vous avez des rideaux aux fenêtres et que vous voulez diminuer le risque, le mini (ou le gros pico) fera l’affaire.

Si vous maitrisez parfaitement les tenants et les aboutissants de la sécurité de vos élèves, et que vous les assumez, ou (plus simple !) si vous pouvez fixer votre projecteur au plafond, optez pour un modèle lumineux standard, à lampe ou à LED, il ne vous décevra pas.

Si vous avez les moyens, installez un vidéoprojecteur à ultra-courte focale, fixe, au-dessus du tableau-écran : c’est l’idéal et de loin.

Voilà Karine, j’espère que cette longue réponse ne t’a pas compliqué ton choix 🙂

L’idéal est de pouvoir visiter des classes équipées de différents matériels pour bien visualiser le rendu avant de faire son achat.

Mais on peut également se fier aux commentaires des utilisateurs, c’est pourquoi je renouvelle l’appel aux commentaires :

Vous faites comment, dans votre classe ? 

Réponse à la question sur le branchement de l’iPad au projecteur par la prise USB : à mon avis, ce n’est pas possible. On peut certes brancher une clé USB contenant images et films sur un projecteur, mais un iPad n’est pas « vue » comme une clé USB : il faudra passer par un adaptateur HDMI ou VGA.

 

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