Nos ordinateurs et smartphones ne sont pas très sympas. Ils nous donnent le mauvais exemple. Une de leurs caractéristiques mises en avant par les services « marketing » est d’être capables de pouvoir faire plusieurs choses à la fois. Et nous, nous pensons que nous pouvons faire pareil. Faux !

Cette erreur fondamentale génère une société de « zappeurs », qui passent leur temps à ne pas se concentrer.

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© simonvd - Fotolia.com

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Vous arrive-t-il de ne faire qu’une seule chose, de vous y consacrer complètement, sans aucune sollicitation externe, dans le silence ? Vous devriez essayer, juste pour le plaisir que vous allez ressentir…

Ah, la vie moderne, c’est bien. On a des dizaines d’amis sur Facebook qu’on ne connaît même pas. Notre téléphone fait « pouic » quand nous recevons un mail. Toutes les connaissances du monde sont à portée de souris ou de tablette, on n’a même plus à taper, il suffit de demander à voix haute à Siri ou à Google Now et hop, les dizaines de résultats apparaissent devant nos yeux ébahis.

La musique est dématérialisée, on l’écoute quand on veut, où on veut, et parfois même quand on ne veut pas, mais c’est une autre histoire…

Bienvenue dans l’inefficacité.

Un oeil sur Youtube, un autre sur la boîte mail, une oreille sur Deezer, l’autre accrochant quelques phrases de la télé en sourdine, et au milieu de tout ça, le cerveau qui doit remplir la déclaration d’impôts. Au secours.

Les enseignants de maternelle (dont je fais partie) fonctionnent souvent en divisant leur classe en trois groupes : « dirigé », « semi-dirigé » et « autonome ». Et donc, ils semi-dirigent tout en surveillant tout en en dirigeant une séance d’apprentissage. Qui est le moins concentré : l’élève ou le maître ?

Au collège, au lycée, les smartphones, omniprésents, hachent menu l’attention des « apprenants » qui n’apprennent plus rien.

Inutile de continuer cette énumération, elle est infinie. Bienvenue dans le monde multitâche. Bienvenue dans l’inefficacité.

Tiens, je discutais l’autre jour avec Nanoug, et elle m’expliquait que lorsqu’elle avait une idée de livre, elle ne ne pensait plus qu’à ça et ne faisait rien d’autre tant qu’il n’était pas terminé, focalisée à l’extrême sur son objectif. Focalisée. Mot magique. Clé de l’efficacité.

Je sais, certaines d’entre vous vont sourire et dire « les hommes ne savent faire qu’une chose à la fois, les filles sont plus fortes, elles arrivent à jongler ». A jongler, oui, peut-être. A être efficaces, c’est autre chose. Et à quel prix…

Charge cognitive

Il y a quelques temps, lorsque je voulais accomplir une tâche intellectuelle devant mon ordinateur (écrire cet article, par exemple), je commençais par me mettre un peu de musique « zen », histoire d’être dans l’ambiance. Et hop, une partie de mon attention s’envolait. Là, il est 7 heures du matin, je suis dans le silence, (bon, je vous concède quelques chants d’oiseaux dans le jardin, mais je ne peux quand même pas les éteindre !) j’ai coupé les notifications de mon ordinateur, et je suis focalisé. Et ça me procure une sensation très agréable. J’ai le sentiment d’être efficace. En lien avec le réel. Et d’ailleurs, je le suis.

Un concept explique le pourquoi du comment. C’est celui de la « charge cognitive ».

Extrait de l’article de Wikipedia qui lui est consacré :

« La mémoire de travail ne peut gérer qu’un nombre limité d’informations à la fois, le nombre habituellement avancé étant de 3 à 4 informations. Comme la mémoire de travail est limitée, il est nécessaire que les informations utiles à l’accomplissement d’une tâche puissent rentrer dans les limites de la mémoire de travail. Si un trop grand nombre d’informations demande à être traité simultanément, la charge cognitive est alors trop élevée : la mémoire de travail surcharge, ce qui entraine l’échec de la tâche ou une mauvaise mémorisation en mémoire à long terme. »

En deux mots : en ne faisant qu’une seule chose à la fois, on est bien plus performant.

Et quand on a beaucoup de choses à faire ?

C’est simple : on les fait l’une après l’autre. De manière séquentielle, et non pas simultanée. Parce qu’une mutitude d’informations simultanées entraîne la chute de l’attention.

Lorsqu’on a pigé cette donnée fondamentale, et surtout lorsqu’on la met en pratique, tout change. Ce qui prenait une heure ne prend plus que dix minutes. Vraiment. Ce qui semblait compliqué devient limpide. Notre esprit s’apaise. Nous avons la sensation de maîtriser notre environnement. Et d’ailleurs, ce n’est pas qu’une sensation.

Etre monotâche, ça se découvre, ça s’apprend, ça se maîtrise, et ça peut devenir une habitude.

Une habitude désuète, passée de mode, mais qui devra bien être redécouverte par une humanité en « surcharge informationnelle » qui l’entraînera vers sa perte si elle n’apprend pas à la gérer …

…Une bonne habitude, croyez-moi. Essayez, vous verrez.

 

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