Ce petit texte est arrivé ce matin dans ma boîte mail. Vous savez, dans le genre « à faire passer aux copains ». J’ai pensé « bon, allez, encore une blague avec une chute rigolote à la fin ». j’ai commencé à lire, et je me suis rendu compte qu’il s’agissait de tout autre chose.

Un hommage à notre belle langue et à la richesse incroyable de son vocabulaire… Comme ce genre de texte est destiné à être partagé, et qu’il a largement sa place ici, je me suis dit que ce serait une bonne idée de vous en faire profiter…

A savourer lentement et sans modération.

« Tu le sais, bien sûr depuis longtemps, le coq chante, cocorico, la poule caquète, le chien aboie quand le cheval hennit et que beugle le bœuf et meugle la vache, l’hirondelle gazouille, la colombe roucoule et le pinson ramage.

Les moineaux piaillent, le faisan et l’oie criaillent quand le dindon glousse. La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse.

Et le chat comme le tigre miaule, l’éléphant barrit, l’âne braie, mais le cerf rait. Le mouton bêle évidemment et bourdonne l’abeille. La biche brame quand le loup hurle.

Tu sais, bien sûr, tous ces cris-là mais sais-tu ? Sais-tu ? Que le canard nasille – les canards nasillardent ! Que le bouc ou la chèvre chevrote. Que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte. Que le paon braille, que l’aigle trompète.

Sais-tu ? Que si la tourterelle roucoule, le ramier caracoule et que la bécasse croule, que la perdrix cacabe, que la cigogne craquète et que si le corbeau croasse, la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit.

Tu sais tout cela ? Bien. Mais sais-tu, sais-tu ? Que l’alouette grisole. Tu ne le savais pas.

Et peut-être ne sais-tu pas davantage que le pivert picasse. C’est excusable ! Ou que le sanglier grommelle, que le chameau blatère et que c’est à cause du chameau que l’on déblatère !

Tu ne sais pas non plus peut-être que la huppe pupule. Et je ne sais pas non plus si on l’appelle en Limousin la pépue parce qu’elle pupule ou parce qu’elle fait son nid avec de la chose qui pue.

Qu’importe ! Mais c’est joli : la huppe pupule ! Et encore, sais-tu ? Sais-tu que la souris, la petite souris grise, devine ! La petite souris grise chicote. Avoue qu’il serait dommage d’ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir, de ne pas savoir que le geai, que le geai cajole ! Sais-tu que la mésange zinzinule! Comme la fauvette d’ailleurs. »

 

Après quelques recherches, il s’avère que ce texte est extrait du livre « L’Albine : scènes de la vie en Limousin et en Périgord vert« , écrit par Fernand Dupuy, instituteur et homme politique (1917-1999).

Le livre est apparemment épuisé, mais on peut encore le trouver (Cliquez ici)

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