C’est un petit objet à l’ancienne : pas de batteries (ni même de simples piles), pas de connexion, pas d’écran digital. Juste un ressort, des engrenages, des pièces mécaniques et un cadran à aiguille. Et pourtant, c’est incroyable à quel point il m’est indispensable.

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Je l’ai remplacé récemment par un outil quasi-identique, mais avec un p’tit quelque chose en plus, oh, pas grand-chose. Je vais vous expliquer pourquoi ces deux minuteurs mécaniques sont si utiles. Et comment les utiliser pour en tirer le maximum.

Au moment même où je suis en train d’écrire cet article, j’entends un petit tic-tac, juste à côté de moi. Rassurez-vous : il ne s’agit pas d’une bombe à retardement, mais d’un minuteur de cuisine.

Je vous ai déjà parlé des bienfaits du minuteur mécanique dans au moins deux articles, pour autant que je m’en souvienne : celui consacré à la gestion des tâches et celui qui présentait la technique du Pomodoro.

Laissez-moi revenir sur les super-pouvoirs des petits minuteurs en plastique :

Le meilleur outil contre la procrastination

Le plus dur, quand on a « du mal à s’y mettre », c’est justement de démarrer.

Je ne vais pas revenir ici sur les causes de ce blocage (si vous voulez que je vous en reparle, demandez-le moi en commentaire !) mais sachez qu’il est NORMAL d’avoir parfois un retard à l’allumage.

Voici mon arme fatale lorsque je sens que j’ai plutôt tendance à aller me faire un café ou à subitement ranger mes affaires au lieu de me mette au boulot :

L’arme fatale

  • Je prends une feuille de papier et un crayon (j’ai toujours un « bloc Rhodia N° 13 » à spirale à portée de main, voilà aussi un objet qui aurait sa place dans les musées du design).
  • Je pense rapidement à ce que j’ai à faire.
  • Je vois si je peux décomposer ça en toutes petites actions, parfaitement identifiées, comme des briques de lego. Je les écris sous forme de liste, les unes à la suite des autres.
  • Je règle le minuteur sur 10 minutes.
  • Je démarre. Et c’est bien ça le miracle : je démarre !
  • Au bout de 10 minutes, en général, le moteur est chaud et ne demande qu’à continuer à rouler. Hop, je règle le minuteur sur 25 minutes.
  • Lorsqu’il sonne (et me fait sursauter, parce que je suis concentré sur mon travail !) Je le règle sur 5 minutes et je vais me dégourdir les jambes, boire un verre d’eau, respirer l’air frais.
  • Les 5 minutes écoulées, vite, de nouveau réglage sur 25 minutes, et je recommence à travailler.

(Mon minuteur vient de sonner la fin du premier round de 25 minutes. J’arrête pendant 5 minutes d’écrire cet article et je reviens…) (Ca y est, me voilà de retour !)


Lorsqu’on fait un travail devant l’ordinateur, cette technique permet d’améliorer grandement la focalisation, et on ne clique plus à droite et à gauche au lieu de travailler, puisque le temps qui passe est matérialisé par l’aiguille, son défilement prend la forme du tic-tac et on visualise facilement le (peu de) temps restant avant le driiing fatidique.

C’est ici que je vais vous parler de mon deuxième petit minuteur, parce qu’il a une caractéristique bien fichue : le temps restant est matérialisé par une zone rouge : difficile de faire plus immédiatement explicite. de plus, la couleur rouge induit une notion d’urgence. Très bon petit dispositif.

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Voici l’ancien, l’antique. il marche toujours très bien.

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Voici le petit nouveau , cerclé de chrome et avec la zone matérialisée en rouge et qui diminue au fur et à mesure que le temps passe.

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Son dos entièrement aimanté est bien pratique.

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J’avais vu des publicités pour les appareils « Time Timers » de Hoptoys, mais ils sont quand même très chers. J’ai trouvé un modèle quatre fois moins cher sur le Grand Méchant Amazon et je l’ai commandé. Il fonctionne très bien, pour peu qu’on pense à remonter entièrement le ressort, et ensuite à revenir à la durée souhaitée.

Une amie enseignante en grande section a exactement le même dans sa classe (une classe labellisée Tilékol, comme vous pourrez vous en rendre compte dans un article à paraître incessamment).

Cela permet à ses élèves d’appréhender plus facilement le temps qui passe, en ayant sous les yeux la zone rouge qui rétrécit au fur et à mesure que les minutes s’écoulent.

Et les minuteurs numériques ?

Depuis quelques années, les applications pour Pomodoro se multiplient. On en trouve de toutes les formes, avec tous les raffinements possibles, pour ordinateur, tablettes, smartphones, montres connectées…
Elles sont très bien, ces applications. Parfois, elles tournent un peu à l’usine à gaz, en voulant rajouter des fonctions plus ou moins utiles.

C’est ainsi que j’en avais trouvé une, par exemple, qui gardait la mémoire des Pomodoros et les reportait sur un calendrier en ligne dédié ! J’ai fait mumuse avec quelques jours puis je suis revenu à mon petit bidule en plastique.

J’ai la sensation (fausse ?) qu’en utilisant une application, j’ajoute de la distraction, alors qu’en utilisant l’objet réel, j’améliore ma concentration.

Conclusion ? Les vrais objets ne sont pas toujours obsolètes. Certains font de la résistance. La couche virtuelle du numérique recouvre progressivement la réalité, mais sous cette couche, il est rassurant d’entendre encore le petit tic-tac feutré des ressorts et engrenages qui n’ont pas encore abdiqué…


(Fin du deuxième Pomodoro) (Il m’aura fallu deux autres sessions de 25 minutes pour mettre en forme l’article, ajouter les photos et le publier proprement.)

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