Mettez un clavier de PC devant un enfant de moyenne section et regardez-le ouvrir de grands yeux… Comment dire… Ce n’est pas tout-à-fait adapté. Du moins, pas tout de suite. On peut trouver mieux.

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Beaucoup de touches, beaucoup trop de touches…

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…On peut trouver mieux, à condition d’avoir l’esprit ouvert.

La scène se passe un dimanche. Une enseignante de maternelle est installée devant le petit coin de table qui lui sert de bureau. Autour d’elle, ses armes habituelles : étuis de gommettes, colle blanche, feuilles A4 multicolores (couleurs vives et pastels), feutres, et même crayons de couleur parfaitement taillés.

Bricolage du dimanche pour instit ordinaire

Séance « bricolage ». Le clavier d’ordinateur est posé devant elle, ainsi que des ciseaux et une règle. Notre « maîcresse » se saisit de la règle, et mesure mystérieusement le clavier, tout en arborant une expression dubitative.

Puis, elle prend un morceau de carton (le vieux calendrier offert par sa pharmacienne il y a 4 ans, et qu’elle a soigneusement conservé), et entreprend de le découper, en faisant des rectangles allongés. Elle place une bande sur le haut de son clavier et essaie de la fixer avec des morceaux de ruban adhésif. C’est plus ou moins pratique, et plus ou moins solide. Passons. Notre travailleuse manuelle observe son oeuvre avec le sourire, puis soudain s’exclame « Oh non ! » et arrache rageusement le bout de carton. En voulant masquer les chiffres du haut du clavier (qui font double usage avec le pavé numérique de droite), elle a masqué le « é ». Et justement, elle a passé la semaine à expliquer à ses élèves l’histoire de « Madame é » (vous savez, cette mystérieuse « Madame e » qui voit de temps en temps une auréole apparaître au-dessus de sa tête).

Non, décidément, cette bande, il ne fallait pas la placer à cet endroit. Mais où la mettre, et pourquoi la mettre ?

Clavier compliqué

C’est que ce clavier d’ordinateur est bien compliqué pour de jeunes enfants…

Alors, notre héroïne prend sa tablette, va sur Internet et cherche si, par hasard, il n’existerait pas des claviers adaptés aux jeunes enfants.

Elle en trouve un, multicolore, avec de grosses touches, qui pourrait faire l’affaire, mais… Sa collègue de la classe d’à-côté en a déjà acheté un, et son verdict n’est pas fameux : il prend trop de place sur les petites tables, il lui manque des touches importantes, et les lettres sont écrites dans un genre de police de caractères bizarre, un peu comme du « Comic sans MS ». Z’auraient pas pu les mettre en Arial capitales ? Mais non.

Ah, faire entrer l’école dans l’ère du numérique, ce n’est pas facile.

Déjà, elle avait dû renoncer à l’idée d’utiliser son vieux PC personnel en classe : son écran cathodique était monstrueux et mangeait toute la place sur les tables. Elle avait fini par dénicher un écran plat, mais décidément, un vieil ordi n’est pas vraiment performant et réactif. Y importer des photos est toute une aventure, et il est lent, lent… Et maintenant, cette histoire de clavier vient achever d’éliminer ce qui lui restait de motivation.

Eureka

Son iPad à la main, maîcresse va se faire un café. Plus elle va s’installer dans son canapé, et continue ses recherches. Elle tape « clavier », « clavier enfant », « clavier simplifié » et soudain, elle s’interrompt, la tasse près de sa bouche, la tablette sur ses genoux, les yeux légèrement exorbités. Un sourire apparaît sur son visage. Quelques secondes d’intense réflexion, puis elle s’exclame « Yeeeesss ! » d’un air ravi. Et finit son café, visiblement très satisfaite.

Elle a trouvé son clavier parfait. Il était là, devant son nez.

…Le clavier virtuel de sa tablette !

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Il n'est pas beau, ce clavier ?

Il n’est pas beau, ce clavier ?

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Arrêtons là cette histoire inventée (mais réaliste, convenez-en) et penchons-nous un peu sur ce clavier de tablette. Plus particulièrement, ceux de l’iPad et des tablettes « pur Android », comme les Nexus.

Les avantages du clavier de tablette

Que voyons-nous ?

  • Nous voyons toutes les lettres de l’alphabet, parfaitement lisibles, bien séparées les unes des autres.
  • Nous voyons (miracle !) que pour faire un point, il suffit de toucher… le point. Et non pas de faire une combinaison de touches compliquée pour un petit point de rien du tout.
  • Nous constatons qu’il y a peu de touches supplémentaires, et qu’elles sont grisées, de manière à mettre en valeur les touches « lettres », « ponctuation » et la barre d’espace.

Vous allez me dire « oui, mais pour écrire des lettres accentuées, ce n’est pas pratique. Pas pratique, de laisser son doigt appuyé une seconde sur un e pour en faire un é ? Allons, soyons sérieux.

D’autant qu’il existe des applications possédant des claviers absolument épatants, comme par exemple « IA Writer » (IOS) : touches supplémentaires, navigation facile à l’intérieur d’un mot ou d’une phrase, lettres accentuées, etc…

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Les touches supplémentaires, bien pratiques, du traitement de texte IA Writer

Les touches supplémentaires, bien pratiques, du traitement de texte IA Writer

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Ah, je connais votre prochaine objection : « écrire avec une tablette, ce n’est pas pratique du tout ! »

« Habitude »

Ah bon ? Vous avez essayé ?

C’est ici qu’il faut faire intervenir l’ouverture d’esprit dont je parlais plus haut.

D’accord, vous êtes habitué à votre clavier d’ordi. « Habitué ».

D’accord, votre première tentative de taper en touchant une vitre ne vous a pas enthousiasmé. D’accord.

Mais réfléchissons un instant : lorsque j’écris sur le clavier de mon ordinateur,  je pose mon doigt sur un petit carré d’environ 1,5 centimètre de côté. Les touches du clavier virtuel de mon iPad font 1,5 centimètre de côté.

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Même forme, même taille...

Même forme, même taille…

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Quelle est la différence ?

Pour vous, elle existe peut-être, cette différence, à cause justement de votre « habitude » du clavier d’ordinateur. (Pour info, lors de la prise de notes en réunion,je vais aussi vite, voire plus vite, avec mon iPad qu’avec un ordinateur portable, notamment grâce à la prédiction des mots et à la correction automatique, qu’il suffit de désactiver pour l’utilisation par les élèves).

Mais pour un enfant de quatre ans, il n’y a pas de différence. Ses petits doigts sont parfaitement à l’aise. Ses yeux trouvent facilement la lettre cherchée.

Eh oui, croyez-moi, le clavier d’une tablette est le meilleur clavier pour un enfant de maternelle.

Ce n’est pas le seul avantage : la tablette va facilement être transportée au sein de la classe, du coin regroupement aux tables. Et sur une table de maternelle, une tablette ne prend pas TROP de place, alors que n’importe quel ordi, même portable, est trop gros. (A l’exception des minuscules utrabooks, j’avoue, j’avoue, OK.)

Voilà deux arguments de plus en faveur de l’utilisation de tablettes en maternelle.

Vous me direz « mais je vais faire quoi, avec ma tablette ? »

Oh, vous savez, concernant l’utilisation du clavier, vous n’aurez que l’embarras du choix, du traitement de texte basique aux applications diverses et variées. Voir ici.

Et puis n’oubliez pas que votre démarche devrait peut-être être inverse. On ne cherche pas à « utiliser un outil informatique en classe » pour le plaisir, on cherche un outil qui va nous permettre de mettre en oeuvre des objectifs pédagogiques précis.

En sachant que l’une des fonctions premières du numérique est la communication. Ca tombe bien, en maternelle, c’est ce qu’on recherche. Et avec une tablette, ce ne sont pas les occasions de communiquer qui manquent.

Mais c’est une autre histoire…

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