Je reçois régulièrement des mails d’enseignant(e)s qui me posent ce genre de question : « Dans notre école, nous allons recevoir des tablettes, mais nous ne savons vraiment pas par où commencer. Peux-tu nous conseiller des applications ? Comment les utiliser ? Avons-nous besoin de plusieurs tablettes ou pouvons-nous commencer avec une seule ? Etc… »

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Vous avez raison de poser ces questions, et je me propose de vous donner quelques pistes dans les lignes qui suivent.

Quelle tablette ?

Je ne vais pas revenir ici sur le sujet. Vous savez certainement que je préfère l’iPad pour une utilisation en classe, mais je suis conscient que ce n’est pas le seul choix possible. Aussi, je vais ici m’attacher à vous montrer quelques utilisations qui sont possibles avec n’importe quelle tablette, quelle que soit la marque, quel que soit le prix, et sans installer la moindre application particulière.

Deux mots sur les apps

Méfiez-vous des apps, et installez-en le moins possible. En ce qui me concerne, depuis le début de l’année, dans ma grande section, je ne tourne qu’avec trois apps installées, plus celle qui existait d’origine : la caméra. Deux raisons à cela :

  • Tout d’abord, je trouve que de nombreuses applications sont faites par des gens qui ne connaissent pas l’école, et qui font des erreurs. Un exemple ? Un imagier qui montre un régime de bananes avec la légende suivante : « une banane ». Un peu de sérieux, s’il vous plaît. De même, des soi-disant outils d’apprentissages de l’écriture cursive montrent en exemple des polices de caractères qui n’ont que peu de rapport avec une vraie écriture manuscrite.
  • Ensuite, comme je vous l’ai expliqué ici, nous devons nous méfier comme de la peste des « applications éducatives » qui fonctionnent sur le principe de petits jeux, avec effets sonores et visuels, complètement creux et qui n’ont comme résultat que de rendre « accros à la consommation d’écran » des jeunes enfants. A mes yeux, c’est le pire usage qu’on puisse faire du numérique en maternelle.

Ceci dit, il existe quantité de produits de qualité, et vous aurez tout le loisir de les découvrir et de les utiliser, mais pas tout de suite. Commençons par les bases.

Première étape : vider l’écran d’accueil

Faites en sorte que la page qui s’affiche lorsque vous démarrez la tablette soit vide, totalement vide. Et placez un fonds d’écran assez neutre. L’objectif est de ne pas sur-solliciter les enfants lorsqu’ils commenceront à utiliser l’appareil en autonomie. Vous y placerez ensuite l’icône de la première application utilisée, et elle seule. Un peu de zen favorise l’appropriation de l’objet.

Deuxième étape : apprendre les bases

L’enseignant, c’est vous. Mais dans un premier temps, l’apprenant, ce sera vous aussi. Avant de vous lancer dans l’aventure, apprenez quand même à déplacer des applications, créer des dossiers, les renommer, et aussi, très important, à partager les fichiers créés. Parce que vous ressentirez le besoin d’imprimer certaines photos ou certaines productions écrites, par exemple. A ce sujet, la façon la plus simple de partager un fichier est de vous l’envoyer par mail, en pièce jointe. Vous pourrez ensuite facilement le récupérer sur votre ordinateur ou celui de l’école. Activez également un service de cloud, que ce soit Dropbox ou Google Drive, par exemple : avec ces dispositifs, le partage est très facile. Enfin, sachez qu’il existe des clés USB permettant d’échanger facilement les fichiers, y compris sur iPad (nous utilisons dans notre école, la Clé LEEF, mais la SanDisk iXpand est peut-être mieux (la Leef est difficilement utilisable avec une coque épaisse à cause de sa forme courbe, alors que la Sandisk est droite)). De même, avant de mettre une appli entre les mains de vos élèves, ou simplement de l’utiliser en classe, commencez par l’explorer, vous découvrirez des choses intéressantes. Par exemple, pour l’appareil photo, apprenez à constituer des dossiers dans la galerie, où vous classerez les productions, que vous y retrouverez très facilement.

Troisième étape : comprendre que la tablette est un moyen, pas une fin

Vous n’allez pas faire une « séance de tablette », mais une séance de langage, ou de maths, par exemple, et la tablette sera un accessoire qui vous rendra des services. Pas l’inverse. Certes, dans le domaine « explorer le monde », on trouve l’intitulé « utiliser les outils numériques ». Mais lorsqu’on utilise un outil, c’est pour fabriquer quelque chose. Par exemple, si vous voulez construire une boîte en bois, vous utiliserez peut-être des clous et un marteau. Mais vous n’allez pas vous lever un beau matin, attraper un tournevis et vous dire « qu’est-ce que je pourrais bien visser aujourd’hui ? » …OK ?

Quatrième étape : commencez avec l’appareil photo et la galerie

L’appareil photo des tablettes est un outil extraordinaire :

  • Les élèves le maîtrisent très facilement.
  • Le résultat est immédiatement visible, sur un écran de belle taille…

Aucun « vrai » appareil photo n’offre ces caractéristiques tellement adaptées aux jeunes enfants. Autre caractéristique de l’appareil photo : c’est un « déclencheur » de langage parfait. Si vous luttez dans vos séances de langage pour obtenir des résultats, introduisez une tablette, ouvrez l’appareil photo, et émerveillez-vous ! Quelques exemples d’utilisation :

  • Pour définir et visualiser les rituels du matin (« la date », « les absents », « la météo », etc…)
  • Pour commenter une image (utilisez la fonction zoom sur des images riches : vous allez avoir une avalanche de productions !)
  • Pour construire des images séquentielles.
  • Pour aider au « passage par le corps » : vous photographiez des élèves en train de slalomer et vous obtenez le « chemin des vagues », par exemple.
  • Pour le cahier de vie.
  • Pour les sciences.
  • Pour créer un album de productions plastiques.
  • Pour créer des imagiers.
  • Etc…

Cinquième étape : passez à la caméra

Et en avant les productions de phrases, les « vidéos-écho », les poésies, les comptines, l’utilisation en coin-sciences, les mini-capsules, les compositions géométriques, les souvenirs de sorties et leur exploitation, les contes, tout y passe, et tellement facilement !

Sixième étape : confiez la tablette aux enfants, en autonomie

Oui, n’ayez pas peur. Non, ils ne vont rien casser. Ils vont rapidement s’approprier l’outil et communiquer entre eux. C’est avec la tablette que j’ai eu les plus belles « démonstrations » de socio-constructivisme se dérouler sous mes yeux ébahis. Laissez un petit groupe explorer la cour, un coin de verdure, un escargot. Ils vous ramèneront des images, des sourires, des émotions. Ils voudront s’exprimer, même les timides, même les mutiques !

Septième étape : intégrez les parents

Présentez les productions aux parents à l’accueil ou en fin de cours. Montrez-leur que leur enfant peut créer et produire avec cet appareil. Demandez-leur s’ils ont une tablette à la maison, et s’ils voudraient la confier à leur enfant pour qu’il photographie sa chambre, son jardin, ses jouets et vienne à son tour nous les présenter, tout fier ! De plus, un petit cahier de vie sous forme de photos et de petitres vidéos est très « parlant » et les parents comprendront bien mieux ce que vous faites toute la journée à l’école une fois que les grilles se sont refermées…

Huitième étape : choisissez d’autres apps

Maintenant, vous êtes à l’aise, vous comprenez un peu mieux comment appréhender cette tablette, et vous pouvez commencer à introduire à dose homéopathique quelques apps. En voici une mini-sélection (rigoureuse), plutôt ciblée iPad : « Fais comme moi », une petite merveille qui va vous permettre d’individualiser l’apprentissage de l’écriture. « ABC-QR », qui vous permettra de lier certaines photos et vidéos de votre tablette à des QR-codes, qui seront affichés un peu partout dans votre classe. les élèves « lisent » le QR-code et la vidéo démarre instantanément. Magique ! « Book-Creator », LE grand classique. Vous mixerez allègrement images, vidéos, textes, dessins et vous créerez des livres multimédia. Existe en version Android et IOS. La version IOS (iPad) permet en plus d’exporter les productions sous forme de vidéos ou de PDF. « Adobe Voice », le top pour créer des capsules-vidéo. « Tapikeo », pour créer des imagiers sonores et générer un petit jeu permettant aux enfants d’associer une image à un son. Je ne vais pas vous les présenter en détail ici, je l’ai déjà fait à plusieurs reprises par le passé sur ce blog (utilisez la fenêtre de recherche) et je continuerai de le faire dans le futur. Voilà ! J’espère que ces huit petites étapes, qui constituent une petite progression, vous permettront de démarrer aisément. Persévérez, et vous verrez, vous ne le regretterez pas. …A vos commentaires, vos, idées, vos suggestions ! Follow on Bloglovin



   

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