Depuis que l’enseignement existe, les enseignants réfléchissent à la meilleure manière de transmettre les connaissances.

A toutes les époques, différentes « écoles » ont prétendu détenir la véritable alchimie de l’efficacité pédagogique. Xénophon, Rabelais, Rousseau, bien avant Piaget ou Meirieu, y sont allés de leur vérité.

Depuis plus d’un siècle, un réel clivage s’est fait jour, de la part des pourfendeurs de la pédagogie dite « traditionnelle ». Constructivistes, puis socio-constructivistes, « freinétiques », ont fait valoir leur valeur ajoutée, leur approche, et se sont créé des ennemis dans le « camp d’en face » (ou plutôt les camps d’en face), chacun assénant avec conviction ses propres vérités, les seules valables à leurs yeux.

Des chercheurs, reconnus, encensés, honorés, statufiés, ont doctement fait des études poussées dans les domaines de la biologie, du fonctionnement du cerveau humain, de la psychologie, de l’épistémologie, des sciences du comportement, de l’intelligence, de l’assimilation, de la compréhension et de bien d’autres concepts très savamment cernés, étudiés, approfondis.

Depuis le temps, la meilleure des pédagogies aurait dû éclater au grand jour, acceptée de manière unanime, pratiquée avec enthousiasme par des hordes d’enseignants souriants, fécondant dans l’allégresse les esprits de tous les « apprenants » du monde…

…La réalité est toute autre. Parce que la meilleure des pédagogies n’est pas celle, unique, décrétée par des chercheurs, savants, épistémologues, chrono-biologistes et autres chargés de missions…

La meilleure des pédagogies, c’est celle qui est pratiquée par l’enseignant de base, celui qui est dans sa classe, qui se frotte à la réalité difficile, rugueuse, mouvante, qui ne considère pas ses élèves comme des données statistiques et qui s’engage, réfléchit, transpire, se documente, expérimente souvent, se trompe parfois, se remet en question, et croit en ce qu’il fait.

Pour aider cet enseignant, les comptes-rendus, conseils, documentations, recherches, prescriptions faites par les savants pédagogues sont utiles et même indispensables.

Mais au bout du compte, celui qui a raison, c’est celui qui se trouve dans une pièce de 60 m2 avec en face de lui 20 à 30 humains qui n’ont pas demandé à se trouver là et à qui il devra transmettre le contenu officiellement défini en haut lieu.

Et qui y arrive.

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