C‘est une révolution annoncée. En marche. Considérable. Qui, si l’on en croit les experts, va bouleverser la donne de la pédagogie mondiale. Rien que ça… Cette révolution, c’est celle du MOOC. Oui, oui, du MOOC. Vous ne savez pas ce qu’est un MOOC ? Venez, je vous explique.

Le MOOC… Imaginez une salle de classe avec 80 000, 100 000 élèves. Et 1 prof. Ou zéro prof.

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Tout le monde se lève pour MOOC  © peshkova - Fotolia.com

Tout le monde se lève pour MOOC
© peshkova – Fotolia.com

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Cela ne se passe pas dans un stade géant, mais chez vous..

Je me souviens, dans les années 2000, d’avoir un jour lu dans un journal un petit article de rien du tout qui parlait d’un nouveau site web américain qui connaissait une popularité foudroyante. Ce site permettait de trouver facilement d’autres sites à partir de mots-clés et était plus efficace que les moteurs de recherche classiques. Ce site quasiment inconnu en France s’appelait Google.

J’avais testé, trouvé Google sympa, et dans les semaines qui ont suivi je me suis mis à voir Google partout. Tout le monde en parlait, tout le monde l’essayait, tout le monde l’adoptait, Google passait à la télé, à la radio, dans la presse écrite (et sur Internet), et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Google est devenu… Google.

Je vous parle de ce phénomène qu’on pourrait qualifier de « diffusion explosive » parce que je suis en train de le revivre actuellement.

J’ai découvert l’existence du mot MOOC il y a 10 jours, au salon de l’éducation, ici à la Réunion, où j’étais allé présenter Tilékol.

Et depuis, je vois des MOOC partout. C’est assez phénoménal.

Je vous en parle, parce que si vous êtes enseignant, vous êtes concerné. Si vous n’êtes pas enseignant, remarquez bien que vous êtes concerné aussi. Tout le monde semble concerné tout-à-coup. Tout le monde va parler des MOOC dans les mois qui viennent, vous qui lisez ces lignes vous allez certainement participer à des MOOC, suivre des MOOC, parler MOOC, vous extasier MOOC, et peut-être aussi détester détester les MOOC.

Au fait, un MOOC, qu’est-ce que c’est, au juste ?

Un MOOC, c’est une formation, en ligne, d’un genre un peu particulier.

C’est une notion assez   » large « , qui englobe des concepts finalement bien différents. Mais commençons par comprendre ce qui nous a conduit à l’explosion du MOOC.

Au commencement était le web

« Web », en anglais, signifie « toile ».

Toile, filet, communication, connexions, c’était au départ une « image technique » : des ordinateurs connectés entre eux via de multiples « noeuds », comme une toile d’araignée.

Mais la connexion technique est aussi sociale. Ce ne sont pas seulement des ordinateurs qui communiquent entre eux, mais aussi les humains qui sont plantés devant.

Le progrès technique aidant et la taille des « tuyaux » s’élargissant, Internet a subi mutation sur mutation.

Les petits écrans noir-et-blancs sont devenus de grands écrans en couleur, les petits sites web « statiques » de base sont devenus des blogs, des forums, des sites « dynamiques », de vraies machines en mouvement. Les images fixes sont devenues vidéos, les consommateurs de contenu sont devenus créateurs, les téléphones se sont transformés en caméras avec envoi direct à Youtube ou Dailymotion, les réseaux sociaux ont explosé, et la communication entre les terriens également.

A chaque nouvelle invention technique, de nouveaux usages sont apparus.

On s’est envoyé des mails, puis des fichiers texte en pièce jointe, puis des images. Puis on s’est partagé des liens pointant vers des vidéos, lesdites vidéos étant créées par Monsieur et Madame tout le monde. Les PDF sont devenus ebooks. Les « tchats » sont devenus des visioconférences.

De cette masse extraordinaire de connaissances qui transite à chaque seconde par le web, on peut en déduire trois choses :

  • Internet est devenu le cerveau vivant de notre planète.
  • Les humains adorent communiquer.
  • Les humains adorent aussi transmettre, enseigner. Eh oui.

Les humains adorent enseigner

Votre machine à laver est en panne ? Allez sur Youtube, vous trouverez un gars sympa qui s’est improvisé « prof de réparation de machines à laver » et qui vous explique quel boulon dévisser et comment changer te roulement.

Vous cherchez une recette originale de gâteau au chocolat ? Farfouillez dans la myriade de blog de mères de familles souriantes qui vous expliquent comment faire un fondant dont vous me direz des nouvelles.

Vous voulez apprendre à vous servir d’Excel ? Venez sur Tilékol, je vous montre comment faire 🙂

Ce ne sont que quelques exemples parmi les millions d’autres qui sont là, à votre disposition, sous vos yeux, gratuitement (ou pas), en quelques clics de souris.

…Et le MOOC fut

Un MOOC (prononcez « mouk »), c’est la synthèse, le fruit de l’évolution d’Internet, de la technique, de la communication et de la passion d’apprendre et d’enseigner des êtres humains.

MOOK signifie en anglais « Massive Open Online Course », ce qui se traduit en français par « Cours en ligne ouvert et massif » (CLOM).

Ce n’est finalement rien d’autre que de l’enseignement à distance traditionnel, mais dopé aux stéroïdes virtuelles.

Tenez, par exemple, prenez la mini-formation à Excel pour les profs de Tilékol, ajoutez-y (ou non) des exercices auto-correctifs, des documents à télécharger, des sessions « live »,  mettez-la en ligne sur un site officiel de l’Education Nationale, à l’attention des profs débutants, et vous avez un joli MOOC institutionnel.

Vous pouvez même y adjoindre un module de validation des compétences, avec diplôme à la clé.

Et vous pouvez également mettre à la disposition de tous (et pas uniquement des profs débutants) l’ensemble de la formation.

Potentiellement, elle pourra donc être suivie par des dizaines de milliers d’élèves, et le prof pourra par le biais de rencontres via webcams interposées communiquer directement avec ses étudiants.

…Pas mal, non ?

Mais ce n’est pas tout !

xMOOC et cMOOC

Ce que je viens de vous décrire, c’est le MOOC qui reprend grosso-modo l’architecture d’un cours traditionnel, mais démultiplié par la puissance du web.

Celui-là, on l’a baptisé « xMOOC ».

Mais dans la famille MOOC, observons le frère, différent et terriblement sympathique : le cMOOC.

Le petit « c » signifie « connectivisme ». Oh le drôle de mot. Oh le drôle de concept.

Imaginez une salle de classe, la porte est ouverte, vous entrez.

A l’intérieur, plein d’élèves, plein d’ordinateurs, plein de livres, plein de documentation.

Mais pas de prof.

Cette salle est dédiée à un thème d’apprentissage.

Vous entrez, et vous décidez, à l’intérieur de ce thème, d’approfondir une notion précise qui vous intéresse.

Vous cherchez, vous vous documentez, vous trouvez, vous expérimentez, vous comprenez.

Et vous partagez. Chacun est élève, chacun est prof. Des « facilitateurs » sont là pour aider, pas pour enseigner.

C’est cela, le cMOOC, mais puissance 1000 et en ligne. Une sacrée bonne idée.

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Plateformes de MOOC

Le MOOC est un concept humain et technique, et les points de rencontre sont les plate-formes spécialisées.

On en trouve de plusieurs types :

  • Les plate-formes issues des universités américaines, où tout a commencé. Les « pionners » sont Udacity (2011) et Coursera (2012). Elles ont été créées par des profs de Stanford, et leur succès est foudroyant.
  • Edx est un cas un peu à part, et est le fruit de l’association d’Harvard et du MIT, qui ont la volonté de créer une structure gratuite et à la disposition de tous.
  • Les MOOC « privés » se lancent à leur tour, comme celui, tout récent, de First Finance (voir article ici). Bien entendu, le système est très intéressant pour les organismes de formation privés, vue la quantité simultanée d’étudiants potentiels.
  • Les MOOC connectivistes, dont nous retiendrons ici iTypa, très sympa et… français, comme quoi, ça bouge aussi dans l’hexagone.

L’avenir des MOOC

L’avenir des MOOC s’écrit au présent. L’explosion, c’est maintenant. Il y aura certainement un petit effet de mode autour de ce concept qui n’attendait qu’une appellation-choc, un acronyme immédiatement reconnaissable pour se répandre comme une trainée de poudre.

Ne nous y trompons pas, c’est réellement une révolution. Les connaissances sont déjà en ligne depuis longtemps, mais désormais leur accès va s’organiser, se systématiser, utiliser les possibilités informatiques qui faisaient défaut jusqu’à maintenant. La culture se numérise et se transmet instantanément.

Nos classes vont subitement nous sembler toutes petites…

 

 

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