Trois couleurs : bleu, blanc, rouge.

On retrouve ces couleurs sur le logo de Pepsi-Cola, sur celui de Carrefour, d’Esso, d’American Airlines, de Tommy Hilfiger et de plein d’autres marques, dans le monde entier. Ces couleurs, associées au dessin, permettent de reconnaître, de visualiser, d’identifier, et même parfois d’arborer la marque commerciale en question.

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drapeau

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On retrouve également le bleu, le blanc et le rouge sur les drapeaux de nombreux pays, dont les Pays-Bas, Haïti, la République Tchèque, le Paraguay, la Croatie, la Slovaquie, la Slovénie, la Serbie, le Costa-Rica, l’Australie, la Nouvelle-Zélande (et les autres pays du Commonwealth), le Libéria, la Malaisie, le Royaume-Uni, les Etats-Unis.

Et sur celui de la France.

Qui est un pays, une nation et un état.

Wikipedia : « Un pays est une désignation géographique, une nation désigne le peuple tandis qu’un État désigne les institutions fonctionnant sur un territoire. »

Donc, la France a un drapeau bleu, blanc, rouge.

Ce signe de reconnaissance est utilisé entre autres lors des manifestations sportives, amicales, festives.

Pourquoi tout ce préambule ?

Parce que samedi dernier, au lendemain des attentats, j’ai eu un sentiment de malaise. Et je vais vous expliquer pourquoi.

Malaise

Samedi dernier, au lendemain des attentats, j’ai vu des images montrant le One Word Trade Center illuminé aux couleurs du drapeau français. J’ai vu des images du Christ du Corcovado illuminé aux couleurs du drapeau français. L’opéra de Sydney. L’arche de Wembley. Le mur des lamentations. Le Capitole. Tous bleu, blanc, rouge, tous partageant la douleur française devenue douleur universelle.

J’ai repensé au lendemain au 11 septembre, où la bannière étoilée flottait partout dans le monde.

J’ai repensé à tous ces pays dont les habitants arborent leur drapeau, leur logo. Aux américains, qui ont pratiquement tous un drapeau de leur pays accroché chez eux. Aux britanniques, à leur Union Jack qui est imprimé jusque sur des T-shirts portés en toute occasion.

Mal vu

Et j’ai repensé au drapeau français. Et aux réflexions qui surgissent dès lors qu’un drapeau bleu, blanc, rouge apparaît. Aux ricanements. Aux sarcasmes. Aux protestations. Aux critiques. Aux remarques. Et même à ce qui ressemble à un sentiment de honte, disons-le.

En France, bien souvent, le drapeau français est mal vu. « On » nous parle d’époque des colonies, de franchouillards accrochés à leur camembert, de mentalités étriquées, de partis politiques qui en ont fait leur symbole, de frontières à abolir, voire même de racisme.

Pourtant, lorsque la France a gagné la Coupe du Monde en 1998, le drapeau français a éclos de tous les côtés.

Pourtant, au lendemain des attentats du 13 novembre, des milliers de profils Facebook se sont parés de bleu, de blanc de rouge. Jusqu’à la coccinelle du bandeau de Tilékol qui a appelé ses copines bleue et blanche pour lui tenir compagnie.

Grande famille

Pourtant, aussi, par le passé, des millions d’humains – et pas seulement français – sont morts pour que ce drapeau continue de flotter au vent de l’histoire, du passé qui nous a été transmis, et des générations d’Hommes qui ont vécu là où nous vivons actuellement et qui ont façonné une très très très grande famille.

Je ne vous parle absolument pas ici – volontairement – de droite, de gauche, d’étendard, d’hymne, de fierté, de patriotisme, d’obligation, ni même de morale, ni même de laïcité, ni même de République…

Je vous parle juste d’un morceau de tissu et de trois couleurs qui représentent la France qui, jusqu’à nouvel ordre, est l’endroit à l’intérieur desquels nous évoluons (du moins les lecteurs de cet article qui y vivent). Sans l’avoir choisi, la plupart du temps, d’ailleurs.

J’ai tendance à penser que ce drapeau appartient à tous les français. Et donc que chacun a le droit de se l’approprier sans pour autant éprouver de la gêne ou essuyer des sarcasmes. Il n’est pas QUE le symbole d’éléments négatifs. Si nous lui donnons une image positive, il sera positif.

Repère

J’aimerais qu’il puisse redevenir ce qu’il a toujours été : un signe d’appartenance, et non pas d’exclusion. Un témoin, un repère, un jalon. Et pas uniquement dans les périodes tragiques.

J’aimerais le croiser un peu plus souvent, et pas uniquement en en-tête de documents officiels ou sur des maillots de supporters de foot. J’aimerais d’ailleurs qu’il flotte au fronton de chaque école, ainsi que la loi le préconise, et ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Et que tous les petits écoliers, depuis la maternelle, le connaissent et en connaissent la signification…


Je vous propose un genre de petite « question de philo du Bac » en guise de conclusion : en janvier dernier, je vous parlais de la chanson de John Lennon, « Imagine ».

Imagine

« Imagine qu’il n’y ait pas de pays,
Ce n’est pas difficile,
Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir,
Aucune religion non plus…
Imagine tous les hommes,
Vivant leur vie en paix…

(…)

Tu peux me traiter de rêveur,
Mais je ne suis pas le seul,
J’espère qu’un jour tu nous rejoindras,
Et que le monde vivra uni »

Question : le rêve d’un monde idéal et uni est-il incompatible avec un éventail de cultures, de langues, de modes de vie différents et de drapeaux multicolores ?
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